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Édition du mardi 2 juin 2026
Finances locales

Dilico : les montants des ponctions et des reversements désormais connus 

Ce sont 178 régions, départements et EPCI qui sont appelés à contribuer à la réduction du déficit public en 2026, les communes ayant été exonérées du Dilico cette année. Un peu plus de 1 900 d'entre elles vont cependant percevoir un reversement, après leur contribution à ce dispositif d'épargne forcée en 2025.

Par A.W.

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Elle était attendue depuis un certain temps déjà. La liste des collectivités concernées en 2026 par le très décrié « dispositif de lissage conjoncturel des recettes fiscales des collectivités »  (Dilico) vient d’être publiée par l’État. C’est plus d’un mois et demi plus tard qu’en 2025 (l’an passé, elle avait été divulguée début avril), alors même que les montants de DGF ont été publiés il y a deux mois et que les communes et EPCI devaient voter leur budget avant la fin du mois d’avril.

Reversement pour 1 924 communes

La « bonne nouvelle »  d’abord. Chaque commune, intercommunalité, département et région ayant subi, en 2025, un prélèvement au titre du premier Dilico (appelé « Dilico 1 » ) peut donc désormais découvrir, comme cela était prévu, les montants qui vont lui être reversés sur le site dédié de la Direction générale des collectivités locales (DGCL). 

Pour rappel, les prélèvements subis par quelque 2 100 collectivités en 2025 vont désormais être reversés par tiers, de 2026 à 2028, à ces collectivités contributrices… après, toutefois, une ponction de 10 % de cette somme afin d’abonder la péréquation. Au total, ce sont donc environ 300 millions d’euros qui vont être prochainement restitués à 1 924 communes, 171 intercommunalités, la moitié des départements et 12 régions.

Dans le détail, ce sont un peu plus de 75 millions d’euros qui vont être reversés cette année aux communes, après le prélèvement de 250 millions d’euros qu’elles avaient subi en 2025. En moyenne, la restitution s’élève à un peu moins de 39 000 euros par commune, Paris touchant sans surprise près du tiers de cette somme (24 millions d’euros) tandis que Châtillon-lès-Sons, dans l’Aisne, et ses quelque 83 habitants se voient attribuer le montant le plus faible, avec 301 euros.

Du côté des mauvaises nouvelles, il y a les nouveaux prélèvements votés dans le budget 2026 et dont l’objectif est toujours de ralentir les dépenses des collectivités. Ce dispositif créé l’an passé avait notamment été qualifié à l’époque d’« erreur stratégique et financière »  par l’AMF, celle-ci estimant qu’il allait « aggraver en réalité le déficit de l’État ». « Les projets locaux, déjà largement engagés, nécessiteront le recours à l’emprunt pour compenser les pertes de ressources, ce qui dégradera les comptes publics », assurait l’association.

Cette année, il y a toutefois une différence de taille : les communes ne seront pas ponctionnées au titre du Dilico puisqu’elles en ont été entièrement exonérées grâce à l’intervention des sénateurs. Contrairement à l’an passé, où même de très petites communes avaient dû contribuer au redressement des finances publiques.

141 intercommunalités prélevées

D’un montant total de 740 millions d’euros, la contribution des collectivités en 2026 est ainsi répartie entre les régions (350 millions d’euros), les intercommunalités (250 millions d’euros) et les départements (140 millions d’euros). Par rapport à l’année dernière, la contribution totale des départements a été revue à la baisse et celle des régions à la hausse.

Au total, ce sont donc 178 collectivités et groupements de communes qui sont appelés à contribuer à la réduction du déficit public via ce qui a été nommé le « Dilico 2 »  (version 2026 du dispositif). Pour l’essentiel, des intercommunalités puisque 141 EPCI sont ciblés. 

On peut notamment citer le cas emblématique de la métropole d’Aix-Marseille qui va devoir renoncer à 22 millions d’euros, comme l’an passé, alors que la structure de près de 2 millions d'habitants a été mise sous tutelle et impute son déficit budgétaire à une baisse des dotations de l'État. 

S’ils vont aussi se voir restituer quelque 75 millions au titre du Dilico 2025, les EPCI paient globalement un lourd tribut cette année. Le Premier ministre a d’ailleurs reconnu que les dispositions budgétaires adoptées pour 2026 concernant les intercommunalités étaient « dures », celui-ci prônant « une méthode complètement différente pour le budget de l'année prochaine ». « L'effort imposé aux intercommunalités [s’avère] supérieur à la moitié de l'ensemble des ponctions sur les collectivités, soit plus du double de leur part dans les dépenses locales », avaient pourtant prévenu en début d’année Intercommunalités de France et France urbaine, dans une lettre ouverte adressée à Sébastien Lecornu. 

Régions et départements

Du côté des 12 régions situées dans l’Hexagone (la Corse et les Outre-mer n’étant pas concernées), elles vont devoir elles aussi se soumettre une nouvelle fois à la deuxième édition du Dilico, l’Île-de-France et l’Auvergne-Rhône-Alpes étant sans surprise les plus ponctionnées avec un prélèvement respectif d’environ 66 et 44 millions d’euros. À titre de comparaison, elles recevront respectivement près de 16 et 10,5 millions d’euros dans le cadre du « Dilico 1 »  (version 2025), en attendant les deux autres attributions prévues en 2027 et 2028. En tout, les régions se verront réaffecter autour de 84 millions d’euros.

Du côté des départements, ils seront 25 cette année à devoir également s’y plier. Si Paris, une partie des départements franciliens et la collectivité européenne d’Alsace sont les plus impactés (entre 12 et 19 millions d'euros), c’est l’Indre qui sera le moins touché avec à peine plus de 70 000 euros de ponction. En parallèle, on peut noter que la cinquantaine de départements qui avaient été prélevés l’an passé vont recevoir des reversements au titre du « Dilico 1 »  pour environ 65 millions d’euros : Paris percevra ainsi plus de 6 millions d’euros, quand les Hautes-Alpes auront droit à tout juste 15 000 euros.

On peut, par ailleurs, rappeler qu’un décret publié au début du mois a défini précisément les recettes réelles de fonctionnement des EPCI et des départements utilisées pour la répartition de ce dispositif d’épargne forcée. Pour rappel, le budget pour 2026 prévoit que ces ressources soient celles de l’année 2023 pour 2026. Soit les mêmes que l’an passé pour la première version du Dilico. 

Dans ce document, l'exécutif a également précisé plusieurs autres mesures qui concernent les collectivités pour l'année 2026, notamment la « prime régalienne »  attribuée aux maires, la dotation particulière, mais aussi les critères de versement du FCTVA.

Consulter les montants du Dilico pour 2026.

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