Maire-info
Le quotidien d’information des élus locaux

Édition du lundi 9 mai 2022
Urbanisme

Loi Climat et ZAN : une ordonnance simplifie les procédures pour accélérer les projets de densification

Issu de la loi Climat et résilience, un projet d'ordonnance vise à rationaliser les procédures encadrant les opérations d'aménagement dans certains secteurs. Sous l'oeil de l'État. 

Par Caroline Saint-André

C’est le dernier jour pour donner son avis sur le projet d’ordonnance « relative à la rationalisation de procédures d’urbanisme et environnementales pour des projets en faveur de la lutte contre l’artificialisation des sols », en consultation depuis le 19 avril. 

Prévue par l’article 226 de la loi Climat et résilience du 22 août 2021, ce texte a pour objet de simplifier des procédures d’autorisation, de planification ou de consultation prévues par le Code de l’urbanisme et le Code de l’environnement. 

Objectif : faciliter la conduite et la réalisation de projets de recyclage de foncier déjà artificialisé, dans certains secteurs délimités par l’État. Sont concernés les projets intervenant dans les périmètres d’opérations de revitalisation des territoires (ORT), de grandes opérations d’urbanisme (GOU) ou d’opérations d’intérêt national (OIN). Issus de la loi Élan de 2018, ces outils visent à accélérer les opérations d’aménagement conduites par les collectivités en partenariat avec l’État. Des dispositifs de plus en plus présents au fil des textes, de la loi Climat à la loi dite « 3DS »  adoptée récemment.

Recyclage urbain

Concrètement, le projet d’ordonnance procède par petites touches pour alléger certaines procédures. En matière environnementale, le texte prévoit, « pour les projets ayant fait l’objet d’une présentation préalable en commission de suivi de site », de remplacer l’enquête publique par une procédure de participation du public par voie électronique. 

Pour favoriser les projets de recyclage foncier, le texte autorise également la reconnaissance de la « raison impérative d’intérêt public majeur »  de l’opération au stade de la déclaration d’utilité publique (DUP). Une mesure visant à déroger plus facilement au régime d’interdiction d’atteinte aux espèces protégées. 
Dans le même sens, le texte prévoit d’autres simplifications. Après les ORT, le texte permet, dans les GOU, de déroger à la destination fixée par le PLU(i) pour certaines constructions. Objectif : libérer les projets de recyclage urbain, qui requièrent une certaine mixité fonctionnelle. 

Les GOU sont également intégrés à la nouvelle procédure de la loi 3DS sur les biens en l’état d’abandon manifeste, dans le cas où les travaux ont condamné l’accès à une partie d’un immeuble. Autre mesure visant à favoriser la densification, dans le cadre des lotissements cette fois : le maire qui souhaite augmenter le nombre de lots prévus par le permis d’aménager, est autorisé à déroger à la règle de la majorité qualifiée des deux tiers, pour une majorité à la moitié. 

Photovoltaïque en zone littorale

Par ailleurs, la procédure intégrée, prévue à l’article L.300-6-1 du Code de l’urbanisme, et destinée à adapter plus rapidement les documents de planification, est étendue aux OIN, pour les projets situés sur des espaces déjà artificialisés.

Enfin, pour inciter toujours plus les collectivités à intégrer les dispositifs de l’État, la dispense temporaire de formalités pour certains types de constructions, prévue par le Code de l’urbanisme, est également étendue aux GOU.

Afin de faciliter le déploiement des énergies renouvelables dans les communes littorales, le projet d’ordonnance prévoit d’autoriser les installations photovoltaïques en discontinuité de l’urbanisation existante. Une dérogation limitée aux friches, initialement prévue par la loi Climat, mais censurée en tant que cavalier législatif par le Conseil constitutionnel. 

Pour mémoire, le cadre de l’habilitation fixé par la loi Climat, autorisait le gouvernement à prendre de telles mesures de rationalisation, sans qu’elles « puissent avoir pour effet d’opérer des transferts de compétences entre les collectivités territoriales, leurs groupements ou l’État, ni de réduire les compétences des EPCI ou communes compétents en matière d’urbanisme ». À vérifier en pratique. 

Donnez votre avis sur le projet de texte.

 

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