Maire-info
Le quotidien d’information des élus locaux
Édition du mardi 17 mars 2026
Sports

Jeux paralympiques : accessibilité de la montagne et défi sportif comme enjeux en 2030

Répondre aux questions de la montagne et de son accessibilité, à celles autour d'une délégation tricolore à renforcer : le compte à rebours est lancé pour la France, qui a hissé à Chamrousse, lundi, le drapeau paralympique, à quatre ans des Jeux dans les Alpes.

Par AFP

Arrivés dans la soirée de Cortina, les 13 athlètes de la délégation tricolore et leurs guides ont été fêtés devant leurs supporters, dans la station iséroise, accueillis par une haie d'honneur. « C'est impressionnant de voir des gens nous reconnaître, vouloir voir les médailles, on se rend vraiment compte de ce qu'on a fait », a savouré la skieuse Aurélie Richard, qui a récolté quatre des 12 médailles des Bleus.

Alors que le drapeau paralympique s'est invité sur scène en arrivant par une tyrolienne, marquant l'approche des prochains Jeux en 2030, tous avaient déjà entendu parler de la prochaine échéance. « Il n'y a même pas besoin de m'en parler pour que ce soit dans un coin de ma tête, abondait Arthur Bauchet il y a quelques semaines, c'est l'objectif d'une vie pour nous et un cadeau ».

L'Italie en exemple

Un cadeau encore loin d'être emballé. À l'heure actuelle, à l'instar des JO, la carte des sites, répartis entre les régions Provence-Alpes-Côte d'Azur et Auvergne-Rhône-Alpes, est attendue pour juin, et la crise au sein de son comité d'organisation a monopolisé l'attention.

Au sujet des Jeux de 2026, proches de la France, « on a tout intérêt à capitaliser sur cette expérience et les choix faits par les Italiens », a appuyé la présidente du Comité paralympique et sportif français (CPSF), Marie-Amélie Le Fur, évoquant entre autres « des sites qui ont l'habitude d'accueillir des compétitions »  ou « une nouvelle expérience de la cérémonie d'ouverture ».

Et l'expérience de sites éclatés a aussi convaincu. « Au sujet de l'accessibilité, sur le site de Cortina, on a pu voir quelques difficultés par exemple concernant les fauteuils, pour accéder aux sites mêmes, note tout de même la ministre des Sports Marina Ferrari, donc on a relevé certains paramètres à prendre en compte pour les Alpes-2030.» 

Transformation de la montagne

La question de la mobilité et de l'accessibilité sera évidemment au rendez-vous au moment de parler héritage.

Il faudra s'appuyer sur l'événement pour « accélérer la transformation de la montagne » , appuie Marie-Amélie Le Fur, même s'« il faut être réaliste, d'ici 2030, on ne va pas le faire à l'échelle de tous les massifs français. Mais a minima on peut arriver à avoir quelque chose de durable sur les clusters (sites, ndlr) hôtes ». En janvier, le ministère des sports avait sorti sa « stratégie nationale Sport et Handicap 2030 », visant entre autres à la création d'un « guide sur l'accessibilité des remontées mécaniques »  et des « critères d'accessibilité d'une station ».

Évoquant le développement « d'ascenseurs valléens »  en Auvergne-Rhône-Alpes, le président de région, Fabrice Pannekoucke, estime qu'« on va répondre à l'enjeu de la décarbonation et de l'accessibilité pour tous »  grâce à ce type de projets, alors que certaines stations possèdent aussi un « Label H+ »  pour référencer les lieux facilitant l'accueil de personnes en situation de handicap.

Renouveler l'équipe de France 

Côté sportif, la délégation française devrait également évoluer. Si certains médaillés de Cortina, comme Arthur Bauchet, Aurélie Richard ou Karl Tabouret devraient être là en 2030, plusieurs ont vécu leurs derniers Jeux, comme le porte-drapeau Jordan Broisin ou le snowboardeur Maxime Montaggioni. Ce dernier évoque pour sa discipline « des athlètes qui ont évolué plus vite que les structures, et on n'a pas réussi à s'adapter. Le para-athlète a besoin du même niveau d'entraînement que les valides mais on n'a pas la même densité de population ».

« On a un vivier d'une petite vingtaine d'athlètes sur lesquels on travaille plus précisément » , a indiqué Yann Cucherat, manager général de la haute performance de l'ANS, l'Agence nationale du sport, qui évoque aussi l'enjeu de la féminisation et d'une représentation de tous les handicaps plus importante. Le CPSF espère par exemple pouvoir compter sur son programme La Relève, pour la détection de futurs sportifs, qui aura bientôt son pendant « hiver ». Reste à savoir par ailleurs si les Paralympiques 2030 marqueront le retour des athlètes issus du sport adapté (handicap mental et/ou psychique) pour une première depuis 1998.

Suivez Maire info sur Twitter : @Maireinfo2