Édition du vendredi 15 mai 2020


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Tourisme : un plan de 18 milliards d'euros et des vacances autorisées cet été

 

Edouard Philippe a dévoilé, hier, son plan de relance du tourisme qui représentera « plus de 18 milliards d’euros pour les finances publiques ». « C’est sans précédent, c’est massif, c’est nécessaire », a-t-il indiqué à l’issue du cinquième comité interministériel du tourisme qui s'est tenu à Matignon. Aides élargies, chômage partiel prolongé et plan d’investissement composent ce plan. Les collectivités qui le souhaitent pourront alléger la taxe de séjour des hébergements touristiques ou réduire la CFE des entreprises de tourisme, l’Etat s’engageant à en financer la moitié.

« La pire épreuve de l’histoire moderne » du secteur
Ce plan intervient alors que « le tourisme fait probablement face à la pire épreuve de son histoire moderne », a estimé le Premier ministre qui a rappelé que ce secteur pourvoit près de 2 millions d’emplois directs et indirects en France, soit près de 8 % de la richesse nationale, et que « 95% des hôtels français sont aujourd’hui encore fermés ». 
Il a ainsi assuré que « son sauvetage est une priorité nationale » alors que de nombreux professionnels restent dans « l’angoisse ». Pour y parvenir, ce plan doit permettre de limiter les faillites et les licenciements, tout en traçant « des perspectives » et en préparant la « réouverture » du secteur à court terme. 

Chômage partiel prolongé et fonds de solidarité étendu
Parmi les mesures annoncées, le gouvernement prévoit un prolongement du fonds de solidarité pour les entreprises du secteur (hôtellerie-restauration-tourisme) jusqu’à la fin de l’année 2020  et son élargissement à des entreprises jusqu’à 20 salariés et jusqu’à 2 millions d’euros de chiffre d’affaires. « L’aide qui sera versée pourra aller jusqu’à 10 000 euros », selon Edouard Philippe. Les dispositifs de prêts seront également renforcés avec la mise en place d’un « Prêt garantis État Saison » qui sera « plus favorable que celles du PGE classique », l’augmentation de l’enveloppe des « prêts Tourisme » de 250 millions à 1 milliard d’euros et « un report des mensualités sur 12 mois » de tous les prêts des PME du secteur. 
Le recours au chômage partiel sera, lui aussi, prolongé jusqu’à la fin du mois de septembre 2020, voire plus « si les activités reprennent trop lentement », a précisé le Premier ministre, tandis que des allègements de cotisation représentant « plus de 2 milliards d’euros d’aide directe » au secteur sont également actées. 
En parallèle, pour assurer le redémarrage de l'activité, un plan d’investissements en fonds propres de 1,3 milliard d’euros sera porté par la Caisse des dépôts et par Bpifrance, ce qui permettrait d’en « générer 6,7 milliards d’euros, en attirant d’autres capitaux, privés, sur le secteur », selon Edouard Philippe. 
Un doublement du plafond journalier des Tickets restaurant, relevé de 19 à 38 euros, et leur utilisation le week-end est également prévu à compter de la réouverture des restaurants.

Les collectivités incitées à des allègements fiscaux
« Une offre d’accompagnement sera proposée : elle permettra à plus de 2 000 entreprises d’en bénéficier, ainsi qu’à des collectivités locales, avec le renforcement du dispositif France Tourisme Ingénierie », a précisé le Premier ministre qui a invité ces dernières à prendre part à ce plan de relance. 
Si elles le souhaitent, celles-ci pourront ainsi engager, pour l’année 2020, « des allègements de taxe de séjour ainsi qu’un dégrèvement des deux tiers de la cotisation foncière des entreprises du secteur, que l’Etat financera alors pour moitié », a assuré Edouard Philippe. Un dispositif spécifique sera donc intégré à la prochaine loi de finance rectificative afin « d’inciter les collectivités territoriales et singulièrement les municipalités, les communautés d'agglomération ou communautés de communes, à prendre des mesures et de les accompagner pour qu’elles puissent les prendre et aider les entreprises du secteur ».
Afin d’accompagner la « reprise graduelle » du secteur et « le renouveau de l’attractivité touristique de la France et de ses territoires », des feuilles de route sectorielles définies au sein du Comité de filière tourisme sont attendus pour le mois de juillet en vue d’un contrat de relance et de transformation du tourisme. « Les collectivités et les professionnels concernés seront appelés à construire les feuilles de route de leurs secteurs (thermalisme, événementiel, tourisme de shopping, tourisme fluvial, golf, etc.) avec l’état et ses opérateurs », indique le dossier du comité interministériel. De plus, des feuilles de route territoriales seront définies au sein du Comité de filière tourisme afin de « tenir compte des spécificités locales de certains territoires », à l’automne 2020. « Les problématiques particulières rencontrées par certains territoires touristiques comme les outre-mer, Lourdes et la Corse dans l’adaptation à la crise et à ses conséquences (...) feront également l’objet d’un accompagnement spécifique », précise le document. 

Vacances autorisées en juillet et août 
La nouvelle était particulièrement attendue, elle devrait ravir les Français. Ceux-ci « pourront partir en vacances en France (en métropole, dans l’hexagone et dans les outre-mer) au mois de juillet et au mois d’août », a assuré Edouard Philippe, sous réserve toutefois « de possibles restrictions très localisées » en fonction de l’évolution de l’épidémie. « Les Français peuvent prendre leurs réservations », a-t-il encouragé en soulignant que « les acteurs du tourisme, de l’hôtellerie se sont engagés à faire en sorte qu’ils soient intégralement remboursés dans l’hypothèse où l’évolution de l’épidémie ne rendrait pas possible le départ en vacances ».
Un plan consacré au tourisme social sera présenté prochainement pour faire en sorte que « tous ceux qui ont vécu, dans les conditions parfois les plus dures, le confinement, puissent avoir un accès plus facile à des déplacements, des voyages, des opérations de tourisme social ».

Ouverture en juin pour les cafés-restaurants?
Concernant les cafés et les restaurants, ils devront encore attendre pour connaître leur sort. La date de leur réouverture doit ainsi être fixée au cours de la semaine du 25 mai. Pour ceux qui sont dans des départements verts, l'espoir d’une réouverture le 2 juin est « envisagée » si, là aussi, « l’évolution de l’épidémie ne se dégrade pas ». Pour cela, « il faut que les restaurateurs puissent appliquer les protocoles sanitaires et rouvrir dans les meilleures conditions possibles », a expliqué le Premier ministre, sans détailler, toutefois, ce qu’il adviendrait des cafés et restaurants situés dans les départements rouges.

Aurélien Wälti

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