Pour Annie Genevard, « tout ceci relève à ce stade de bonnes intentions ». « J’ai pour ma part rappelé à la ministre que les collectivités sont les premiers financeurs de la culture et qu’à ce titre elles s’inquiètent beaucoup de l’impact de la baisse des dotations de l’Etat sur l’action culturelle, indique l’élue à Maire info. J’ai également dit à Audrey Azoulay que le partage des compétences entre l’Etat et les collectivités ne se résume pas à une répartition des actions mais repose sur une vision partagée de l’aménagement culturel du territoire ». La nouvelle ministre a sur ce sujet évoqué les « Assises de la Culture », que sa prédécesseure, Fleur Pellerin, souhaitait organiser dans toute la France, au printemps, notamment avec les collectivités locales. Objectif : « Réfléchir ensemble sur notre manière de faire et de mettre en œuvre nos politiques artistiques et culturelles pour qu’elles s’adressent à tous et en tout lieu du territoire ». Mais elle n’a pas donné de précision sur les modalités d’organisation de cet évènement, selon Annie Genevard.
Les sujets de discussion entre l’État et les élus ne manquent pas en tout cas. Audrey Azoulay a pris ses fonctions en plein débat sur le projet de loi relatif à la liberté de la création, à l'architecture et au patrimoine (lire Maire Info des 9, 12 et 16 février), que les sénateurs devraient adopter solennellement, le 1er mars, en première lecture. L’accessibilité et la démocratisation de la culture devraient être ses priorités. Devant le CCTDC, la nouvelle ministre a présenté, « les objectifs et les critères du réengagement de l’État dans le financement des conservatoires » que le gouvernement souhaite « replacer (…) au cœur de la politique d'éducation artistique et culturelle, pour un accès et une diversité des enseignements à un plus large public ». Une circulaire sera adressée début mars aux directions régionales des affaires culturelles (Drac) pour mettre en œuvre cette réforme.
Audrey Azoulay devrait mettre en œuvre les décisions arrêtées le 27 janvier dernier lors la 10e commission nationale « Culture et handicap », parmi lesquelles le renforcement de la formation des professionnels de la culture à la prise en compte du handicap. Elle assurera le suivi du plan en faveur de la lecture publique. Dès cette année, l’Etat soutient financièrement les collectivités qui s’engagent dans une démarche d’extension des horaires des bibliothèques. Le gouvernement a aussi annoncé que « le doublement des moyens consacrés aux contrats « territoire lecture » permettra de soutenir les initiatives des collectivités en faveur de la lecture, en particulier dans les quartiers de la politique de la ville et les territoires ruraux ».

