Maire-info
Le quotidien d’information des élus locaux
Édition du mardi 4 mai 2021
Montagne

Bilan hivernal catastrophique pour les stations de montagne

La descente est raide pour les professionnels de la montagne. Après une saison 2019-2020 subitement interrompue par le confinement, la saison 2020-2021 affiche un bilan guère plus reluisant. « Dans ce contexte globalement très négatif », certains secteurs tirent toutefois leur épingle du jeu. Typologie d'une deuxième saison pas comme les autres.

Par Ludovic Galtier

Moins 39, - 56… Ce ne sont pas là les températures enregistrées une nuit polaire au sommet du Grand Veymont (Vercors) ou de la Croix de Belledonne mais les chiffres tirés du bilan de la saison hivernale des professionnels de la montagne.
L’Association nationale des maires des stations de montagne (ANMSM), France Montagnes et l’Agence de développement touristique de la France, Atout France, ont présenté, le 21 avril, leur note de conjoncture.  Sans surprise, « la fermeture des remontées mécaniques et une offre de services incomplète se traduisent par un recul très marqué de l’activité touristique (…) et un effondrement de l’activité économique en montagne, commencent-ils par faire remarquer. Par rapport à la saison passée, les taux d’occupation des hébergements marchands et collaboratifs sont en recul de 39 points [jusqu’à - 46 points pour les vacances de Noël] et les volumes de nuitées enregistrent une baisse de - 56 % [jusqu’à - 66 % pour janvier] ». 

Les villages de vacances souffrent

Plus de 22 millions de nuitées ont été comptabilisées en 2019-2020, contre moins de 10 millions cette saison. Les villages de vacances, les hôtels et les résidences de tourisme paient, dans le détail, le plus lourd tribut « avec des baisses des volumes de nuitées respectivement de l’ordre de - 98 %, - 82 % et - 70 % ». « Pour cette saison très atypique, les touristes ont nettement privilégié la réservation en ultra dernière minute et ils ont également réalisé des séjours plus courts qu’à l’accoutumée ».
Toutefois, « dans ce contexte global globalement très négatif », des contrastes de résultats sont apparus selon les secteurs d’activités. Ainsi, « les hébergements collaboratifs et, à un degré moindre, les meublés loués par agences ont enregistré des reculs de fréquentation moins élevés (- 30 % et - 49 %) ».

Les stations de charme moins impactées que les grands domaines

Selon les massifs, les restrictions n’ont pas non plus eu la même incidence sur la fréquentation. Les Pyrénées en ont visiblement moins souffert avec un retrait de 19 points des taux d’occupation et de - 33 % pour les volumes de nuitées par rapport à l’année passée. « Les baisses sont plus marquées dans les Alpes du Nord (- 41 points pour les TO et - 57 % pour les volumes de nuitées), ainsi que pour les stations sud-alpines (- 38 points pour les TO et - 60 % pour les volumes de nuitées) », relèvent l’ANMSM et Atout France. 
Un contraste que l’on doit sans doute à la typologie des domaines de ces massifs. Sur les 16 plus grands domaines skiables de France, pénalisés cette saison par la fermeture des remontées mécaniques, quinze se situent dans les Alpes. Or « quelles que soient les périodes concernées, les fréquentations ont été bien meilleures dans les stations de charme (car plus petites, avec davantage d’hébergements individuels, moins de densité et un bon enneigement aux basses altitudes cette année) que dans celles dotées de grands domaines (- 51 points pour les TO, contre - 23 points pour les stations de charme) ». Fermeture de remontées mécaniques oblige, les vacanciers se sont réfugiés dans le ski de randonnée, les promenades en raquettes, le ski nordique, la luge et les promenades en chiens de traîneaux. 

Quelle température pour cet été ?

D’un point de vue économique, Domaines skiables de France précise, enfin, que les ouvertures auprès des publics dérogatoires autorisés (clubs des sports, etc.) ont représenté moins de 1 % des recettes habituelles. Le Syndicat national des moniteurs du ski français prévoit pour sa part un déficit de 83 % du chiffre d'affaires des écoles de ski et l'Union Sport & Cycle chiffre à 73% la perte d'activité pour l'ensemble des magasins de location et vente d'équipements de sports d'hiver (la saison d'hiver représentant 85 % du chiffre d'affaires annuel de ces commerces).
Qu’en sera-t-il maintenant pour cet été ? « Les demandes d’informations concernant la saison estivale à venir sont jugées en recul par 45 % des répondants pour la clientèle française et 87 % des stations pour la clientèle internationale. Le manque de visibilité actuelle concourt à ces constats », écrivaient l’ANMSM et Atout France fin avril. Le calendrier de déconfinement, étalé sur quatre phases du 3 mai au 30 juin annoncé depuis la présentation de l’observatoire, permet désormais sans doute aux professionnels de se projeter un peu plus.

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