Les sénateurs demandent un délai pour la mise aux normes des stations-service
Deux amendements, déposés par des sénateurs UDI et UMP, proposaient d’étendre cette mesure aux stations distribuant jusqu’à 3 500 mètres cube par an, et d’étendre le délai jusqu’en décembre 2020. Le sénateur de l’Eure Ladislas Poniatowski a défendu l’amendement en rappelant que « 3 500 stations-service sont menacées par la mise aux normes » qui, pour une petite station, peut coûter « entre 20 000 et 100 000 euros ». Il a noté que dans plusieurs départements (Orne, Aude, Charente, Corrèze…), des communes étaient obligées de racheter des stations « dont les propriétaires n’avaient pas les moyens de procéder aux mises aux normes ».
Le socialiste Alain Fauconnier, au nom de la commission des affaires économiques, a exprimé son soutien à ces amendements, pour que « dans les territoires ruraux en particulier », la responsabilité des stations-service ne se retrouve pas « à la charge des communes et des intercommunalités ».
Malgré cette décision unanime de la commission, le ministre s’est montré inflexible. Il avait d’ailleurs déjà, lors du débat à l’Assemblée en juillet dernier, convaincu les députés de refuser un amendement similaire. Pour Benoît Hamon, « le problème des risques de disparition des petites stations-service en milieu rural ne sera pas réglé par le report de la mise aux normes ». Le ministre a rappelé que l’exigence de mise aux normes a été édictée en 1998 et estimé que « chacun avait eu le temps de préparer le financement de la mesure ». Le gouvernement juge donc « qu’il est temps, après quinze ans, de signifier clairement que l’heure de la mise aux normes sur le plan environnemental a sonné ». Benoît Hamon dit bien sûr ne pas sous-estimer les préoccupations des collectivités sur ce sujet, mais estime que « le véritable enjeu » est « la diversification des activités des stations-service en milieu rural », et le fait que celles-ci offrent, en plus de la distribution d’essence, « toute une série d’autres prestations ». Il a enfin fait remarquer aux sénateurs qu’une station qui délivre 3500 mètres cube par an n’est pas une « petite station », et que cet amendement pourrait donc être finalement favorable… à la grande distribution.
Malgré l’avis défavorable du gouvernement, les amendements ont été adoptés unanimement par les sénateurs.
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