Ces agendas ont été proposés à l'issue d'une concertation lancée à partir du constat que le rendez-vous du 1er janvier 2015 ne pourrait pas être atteint. A cette date, nombre (sans qu'il soit possible d'en savoir précisément plus) d'établissements recevant du public et de transports publics ne seront pas aux normes. C'était l'échéance fixée par la loi de 2005, qui avait ainsi accordé dix ans de plus aux trente années passées, depuis la loi de 1975, où le principe de l'accessibilité avait été posé.
L'ADAP doit donc donner la possibilité aux propriétaires d'ERP, gestionnaires de transports publics d'avoir un délai supplémentaire (3 à 9 ans suivant le patrimoine) pour se mettre aux normes. En contrepartie de cet engagement, les risques de poursuite sont suspendus le temps de l'agenda, alors que dès le 1er janvier 2015, les propriétaires dont l'établissement ne sera pas accessible pourront être attaqués en justice.
C'est en raison de ce nouveau report de délais que les associations ont critiqué ce projet d'ADAP, certaines, comme l'Association des paralysés de France, ayant mobilisé autour de manifestations et d’une pétition. Ce lobbying a été efficace à entendre les députés qui lors de l’examen du texte en commission ont relayé et abondé les doléances des associations pour justifier du durcissement du projet de loi. Le caractère obligatoire de l'ADAP doit ainsi faciliter le recensement de l'ensemble des ERP devant être mis en accessibilité et assurer une application la plus large possible a expliqué le rapporteur Christophe Sirugue. Les députés n'ont pas été jusqu'à limiter les ADAP à trois années, comme le député maire de l'Isère Jean-Pierre Barbier le réclamait. « Je suis maire d'une commune de 300 habitants et j'ai mis les dix ans passés à profit pour rendre ma commune accessible » justifiait-il. Mais il s'agit de « ne pas placer les responsables dans des situations impossible », a fait valoir Christophe Sirugue.
Ce court projet de loi (4 articles) - ce sont les ordonnances qui décriront vraiment le nouveau dispositif, doit être examiné en séance publique les 10 et 11 juin prochains.

