Manuel Valls veut un nouveau plan pour réduire les pesticides
Or le bilan 2013 publié lundi par le ministère de l'Agriculture a montré un usage en hausse de plus de 9% pour l'année, en raison de conditions climatiques difficiles il est vrai, et de 5% en moyenne entre 2009 et 2013.
« Et pourtant, la révolution culturelle est en marche », affirme Dominique Potier, lui-même agriculteur certifié bio depuis 1998. « On la sent chez les consommateurs autant que chez les producteurs, qui ne supportent plus d'être perçus comme des pollueurs. Et aussi pour des raisons de marché », a-t-il expliqué. Son rapport préconise de « restructurer » le plan Ecophyto autour de six axes (et 68 propositions), dont un effort « considérable » de recherche et d'innovation car, malgré « une incontestable mobilisation » de la communauté scientifique, celle-ci est « trop récente pour combler le retard scientifique qu'a induit le recours prédominant à une protection chimique ».
« Je vois quatre domaines prioritaires », énumère Dominique Potier : opter pour des variétés plus résistantes; développer le biocontrôle (insectes, plantes, algues) qui doit pouvoir atteindre au moins 15% (des surfaces traitées) contre quelques pour cent aujourd'hui ; soutenir la modernisation de l'agroéquipement et des équipements de pointe. « Mais surtout, la première mesure c'est l'agronomie, la diversité des cultures et la rotation », ajoute-t-il.
La France est le premier consommateur des 28 pays européens en pesticides - elle fait aussi valoir qu'elle a première surface agricole. Mais trois cultures sont spécialement consommatrices : dans l'ordre, la vigne, le blé et le colza.
La ministre de l’Écologie, Ségolène Royal, a pour sa part annoncé le lancement « d'une campagne de surveillance des pesticides dans l’air », et son intention de « multiplier par 10 le nombre d’agriculteurs formés » aux méthodes alternatives à ces substances.
En janvier dernier, le Parlement a adopté une proposition de loi « visant à mieux encadrer l'utilisation des produits phytosanitaires ». Parmi les principales mesures du texte figure l'interdiction pour les collectivités, à partir de 2020, d'utiliser des pesticides pour l'entretien des voiries, des talus, des espaces verts, promenades, forêts, etc. L'interdiction ne s'applique qu'aux « personnes publiques » (lire Maire info du 27 janvier et du 10 février).
(AFP)
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