Transition énergétique : un rapport parlementaire demande des mesures spécifiques pour l'Outre-mer
La priorité de la politique énergétique dans ces territoires doit être « la diversification des sources d'approvisionnement en énergie », selon ce rapport. Aujourd'hui, les Outre-mer sont très dépendants des importations de pétrole et de charbon pour alimenter les centrales thermiques qui servent à produire leur électricité, et donc des évolutions du prix de ces matières premières.
Pétrole et charbon représentent ainsi moins de 5% du bouquet électrique dans l'Hexagone contre 85% en Guadeloupe ou 95% à Mayotte, ce qui a également des conséquences sur les émissions de CO2 dans ces territoires.
En outre, ce système « a un coût très important pour tous les Français dans le cadre de la péréquation », mécanisme qui instaure un prix unique de l'électricité avec une solidarité entre les territoires, a commenté Ericka Bareigts, en présentant le rapport. Toutefois, les ultramarins consomment moins d’électricité que les métropolitiains, « donc c'est bien le système qui coûte cher », a-t-elle insisté.
Pour sortir de cette dépendance aux énergies fossiles, les députés plaident pour un développement massif des énergies renouvelables, « au point mort » depuis plus d'un an.
Plusieurs verrous doivent donc sauter, comme le seuil des 30 % d'énergies intermittentes (éolien, solaire) dans le réseau électrique qui s'applique aux zones non interconnectées (ZNI), c'est-à-dire non reliées à un réseau électrique étranger, comme c'est le cas des Outre-mer.
Le rapport préconise enfin que les Outre-mer reprennent la main sur la gouvernance de leur politique énergétique (fixation des tarifs d'achat de l'électricité renouvelable, gestion des appels d'offres), encore trop dépendante de dispositifs nationaux qui s'adaptent mal à leur situation spécifique.
(AFP)
Visionner la présentation du rapport devant la commission des Affaires économiques.

