Les représentants de l’industrie ferroviaire ont fait part hier de leur très vive inquiétude sur l’avenir du secteur, avec de très sombres perspectives en matière d’emploi – « plus de 15 000 suppressions d’emplois »  risquant de se produire d’ici 2018. En cause : encore et toujours la diminution des investissements puisque, selon le délégué général de la Fédération des industries ferroviaires (FIF), Jean-Pierre Audoux, « les commandes de matériel roulant s’écroulent »  à l’horizon 2016. Les secteurs de la construction des trains, métros et tramways sont concernés par ces prévisions pessimistes. Jean-Pierre Audoux a même précisément évoqué le cas de l’usine Alstom de Belfort, qui pourrait « fermer son activité ferroviaire dès 2016 », avec à la clé au moins 350 suppressions de postes. Il a également évoqué les menaces planant à plus long terme sur d’autres sites comme ceux d’Alstom à Reichshoffen (Bas-Rhin) et d'Aytré (Charente-Maritime), celui du canadien Bombardier à Crespin (Nord) ou de l’espagnol CAF à Bagnères-de-Bigorre (Hautes-Pyrénées).
Ces usines ne sont pas citées au hasard. Elles sont toutes intimement liées aux investissements des collectivités locales : Alstom-Reichshoffen est l’ancienne usine du groupe Translohr, qui a notamment construit les rames du tramway sur pneu de Clermont-Ferrand ; Alstom-Aytré fabrique les tramway Citadis, leader incontesté du tram dans les agglomérations du pays, ainsi que des rames de TER ; Bombardier, à Crespin, fabrique les TER Regio 2N (qui équipent les réseaux d’Île-de-France, du Centre et de Rhône-Alpes, entre autres), et les tramways de Marseille ou Strasbourg. L’espagnol CAF enfin, nouveau venu sur le marché français, s’est fait connaître en fabriquant à un prix particulièrement bas le tramway de Besançon, mis en service l’été dernier.
Pour relancer la filière, les acteurs appellent à une mobilisation de l’État, qui permettrait de relancer les commandes. « Je sonne aujourd’hui le tocsin, et je préférerais éviter de sonner le glas », a déclaré Louis Nègre, qui outre ses casquettes de sénateur-maire de Cagnes-sur-Mer et de président du Gart (Groupement des autorités responsables du transport), est également président de la FIF. Plusieurs pistes ont été suggérées hier par Louis Nègre et Jean-Pierre Audoux, dont la demande d’une « décision claire sur les trains Intercités »  (lire Maire info du 5 décembre 2013) et d’une plus grande « standardisation du matériel » : « Faire des trains trop sophistiqués et trop chers nous empêche de vendre », a ainsi expliqué Louis Nègre.
Les résultats, très attendus, du 3e appel à projet sur les transports urbains en site propre devraient également jouer sur l’activité du secteur. Le gouvernement les a promis « avant la fin de l’année ».
F.L.