Édition du lundi 12 octobre 2020


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Autocars : une partie de la filière « en danger de mort »

 

Une manifestation des autocaristes doit avoir lieu aujourd’hui dans plusieurs grandes villes, conjointement avec des professionnels du cirque et des forains. Les représentants de la profession estiment que de nombreuses entreprises sont au bord du « gouffre ». Zoom sur les difficultés gravissimes que la crise sanitaire a provoquées dans le secteur du transport routier. 

Sur Franceinfo ce matin, le gérant d’une petite entreprise de transports par autocars, Frédéric Houzé, lançait ce cri d’alarme : « Nous descendons vers le fond du gouffre, sans aucune possibilité de travailler. On a atteint le fond de notre trésorerie. La plus grande partie des entreprises ne va pas pouvoir tenir : déjà, on a des banques qui saisissent des cars parce que des entrepreneurs ne peuvent plus régler leur loyer. » 
Les grandes fédérations de transporteurs – FNTV et Otre – ne sont pas organisatrices de la manifestation de ce matin. Néanmoins, Jean-Marc Rivera, secrétaire général de l’Organisation des transporteurs routiers européens (Otre), contacté ce matin par Maire info, dit « parfaitement comprendre » les craintes des « petites structures » qui manifestent ce matin. La situation est en effet quelque peu différente entre certaines structures – notamment celles qui vivent du transport scolaire – qui ont repris leur activité, et d’autres qui sont « à l’arrêt », dans le tourisme notamment. 
« Il s’agit bien d’une question de vie ou de mort pour un certain nombre d’entreprises », avertit Jean-Marc Rivera. « Le tourisme est totalement à l’arrêt. Les sorties scolaires n’ont plus lieu. Les sorties organisées par les communes n’existent plus ou quasiment plus, en particulier toutes celles qui concernent les personnes âgées, très sensibles à l’épidémie et qui ne se déplacent plus. » Seul le transport scolaire a repris normalement. Mais l’activité des lignes régulières longue distance (les fameux « cars Macron ») est « une véritable catastrophe en termes de taux de remplissage ». Quant aux lignes régulières de transports urbains et interurbains, « elles fonctionnent, mais avec des taux de remplissage très aléatoires », souligne le secrétaire général de l’Otre. Plusieurs facteurs expliquent cette baisse de fréquentation : le développement du télétravail, les changements de comportement avec l’augmentation de l’usage du vélo, et un certain retour à la voiture, « vue comme une protection » face à la contagion. 
Pour Jean-Marc Rivera, il est « trop tôt » pour faire des estimations en termes de suppressions d’emplois et de mortalité d’entreprises : « On en saura plus au début de l’année prochaine », estime-t-il, mais il craint déjà que le bilan soit très lourd. 

« Points bloquants »
Pourtant, vendredi dernier, l’Otre se montrait satisfaite des mesures annoncées par le gouvernement (lire Maire info du 9 octobre), en particulier le fait que les mesures du « plan tourisme » aient été étendues « à l’ensemble du secteur du transport routier de voyageurs » : autrement dit, même les entreprises d’autocaristes dont l’activité n’est pas directement liée au tourisme pourront en bénéficier. Notamment, la prise en charge par l’État du chômage partiel sera prolongée jusqu’au 31 décembre 2020. Le plan tourisme permet aussi des exonérations de charges sociales, l’accès aux prêts garantis par l’État (PGE), le report des échéances bancaires. 
Les entreprises qui manifestent ce matin demandent à l’État que toutes ces mesures soient directement reconduites jusqu’à la fin 2021, tant les perspectives de reprise de l’activité semblent lointaines. Pour Jean-Marc Rivera, il est « évident qu’il faudra aller au-delà de décembre 2020 », mais pour l’instant le gouvernement a choisi de proroger ces mesures « de trois mois en trois mois ». Le secrétaire général de l’Otre se dit toutefois convaincu que le gouvernement est décidé à prolonger ces mesures « autant que nécessaires ». 
Reste un certain nombre de points sur lesquels l’organisation estime qu’il est possible d’avancer. Notamment sur « les difficultés d’accès aux PGE pour les plus petites structures », ou encore un passage de la TVA à 5,5 % qui pourrait, par la suite, « faciliter la reprise ». Autre point bloquant : la question des assurances. « Alors que dans les entreprises de transport touristique, les véhicules sont à l’arrêt, garés dans les parcs, il faut continuer à payer les assurances comme si nous roulions normalement. » L’Otre ne demande pas la suppression totale des cotisations mais au moins « une modulation du coût pour les véhicules qui ne roulent pas ». 
Enfin, l’organisation s’interroge sur la mise à l’arrêt des sorties scolaires, alors que « aucune directive du ministère de l’Éducation nationale » ne les interdit. Frédéric Houzé, le transporteur interrogé ce matin sur Franceinfo, ne disait pas autre chose : « Les mairies limitent les sorties vraiment au compte-gouttes. Il nous reste éventuellement des petites sorties locales et bien souvent, elles se retrouvent être annulées la veille ou l'avant-veille de la sortie. Donc là, on n'a quasiment plus de clients à transporter. »

F.L.

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