Équipements sportifs : le Sénat conseille aux élus de garder « les yeux ouverts »
Exemple frappant rapporté par les sénateurs : le cahier des charges de l’organisation de la Coupe du monde de football, en 1998, comportait « une quinzaine de pages ». Celui de l’Euro 2016, qui se déroulera également en France, en compte 500 ! Et le même phénomène s’applique à tous les sports d’équipe (basket, rugby, hand-ball, volley…) : toutes les collectivités dont les équipes atteignent un niveau élevé, national, voire européen, sont confrontées à la nécessité de refaire tout ou partie de leurs équipements pour les mettre aux normes.
Mais les rapporteurs enjoignent les élus à garder la tête froide, et à ne pas oublier que, par exemple, un passage dans la ligue supérieure peut n’être qu’éphémère : plusieurs exemples sont donnés de véritables catastrophes financières, survenues dans des collectivités qui ont bâti une infrastructure importante à l’occasion du passage en Ligue 1 d’une équipe de football, avant de voir, la saison suivante, le stade se transformer en « cathédrale vide » parce que le club a été rétrogradé… tout en continuant à payer un loyer parfois exorbitant au concessionnaire de l’installation.
À ce propos, les rapporteurs estiment qu’en matière de PPP, les collectivités ont intérêt à « faire tout particulièrement prévaloir le principe de vigilance », car « la dynamique [de ces contrats] favorise naturellement un calibrage très élevé des projets ». Une façon élégante de mettre en garde les élus contre un risque de surfacturation par les concessionnaires – les exemples cités par les rapporteurs sont à cet égard très parlants.
Le rapport fait d’autres recommandations, dont certaines concernent directement les élus locaux. Ils conseillent en particulier « d’impliquer et intéresser davantage les clubs professionnels dans la possession ou l'exploitation du stade ou de la salle qu'ils utilisent », et de « faire émerger sur le terrain un échelon modérateur », qui pourrait être la région dans la plupart des cas, « apte à porter un second regard sur le calibrage du projet avant son lancement ». Et en tout état de cause, comme le dit d’ailleurs le titre du rapport, à toujours garder « les yeux bien ouverts ».
Télécharger le rapport « Grands stades et arénas : pour un financement public les yeux ouverts ».

