Édition du mercredi 20 mai 2020


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Médecine de ville : « Les habitants des zones d'intervention prioritaire sont moins favorisés », constate l'Insee

 

Éléments clefs dans la détection du covid-19 et le suivi de leurs patients, les médecins de ville, auxquels l’accessibilité s’est détériorée (- 2,5 % de médecins généralistes libéraux entre 2013 et 2019, soit 1 700 médecins de moins), ont été auscultés par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). Avec un focus sur les pratiques des médecins généralistes installés dans des territoires classés en zones d’intervention prioritaire (ZIP). 
« Caractérisées par une offre de soins insuffisante ou des difficultés dans l’accès aux soins », ces zones, à distinguer des zones d’action complémentaire (ZAC), ont été identifiées, à partir de 2017 (loi de modernisation de notre système de santé du 26 janvier 2016), par l’État et les Agences régionales de santé. « Elles font l’objet de mesures visant à favoriser l’installation et le maintien de médecins par des aides financières, proposées notamment par la Caisse nationale de l’assurance maladie ».
En juin 2019, en France métropolitaine, près de 9 000 communes, soit 17 % de la population, étaient classées en Zip. « Elles sont majoritairement situées dans les espaces périurbains ou en dehors de l’influence des pôles urbains : 38 % de ces communes appartiennent à la couronne d’un grand pôle, 27 % à la couronne d’un petit pôle ou d’un pôle moyen, et 27 % sont des communes isolées hors aire urbaine. Seulement 7 % des communes classées en ZIP appartiennent à un pôle urbain », décrit l’Insee. Qui poursuit : « Les habitants des ZIP sont moins favorisés : alors que 10 % des Français vivaient, en 2017, dans une commune dont le niveau de vie annuel médian des ménages était inférieur à 17 220 euros, ils étaient près de 18 % dans les communes qui ont ensuite été classées en ZIP ».

« Un rythme de travail plus soutenu »
Dans ces zones, analyse l’Insee, « les médecins ont, entre 2014 et 2017, une patientèle de 14 % plus élevée que leurs confrères des autres zones ». Le nombre de consultations est plus élevé (10 % de consultations supplémentaires en moyenne) mais leur temps de travail hebdomadaire, bien qu’important (75 % des médecins déclarent travailler plus de 45 heures par semaine et 10 % plus de 70 heures) « reste comparable à celui des médecins généralistes exerçant hors Zip. Leur durée moyenne de consultation est donc plus courte que celle de ces derniers (inférieure de 10 % en moyenne). » Or la durée des consultations est un déterminant important des pratiques des médecins. « Les écarts de pratiques des médecins généralistes exerçant dans les zones devenues Zip pourraient donc s’expliquer par le contexte particulier de leur exercice, qui les conduit à réaliser des consultations plus courtes », en conclut l’Insee.

Des pratiques spécifiques
Outre ces données chiffrées, l’Insee s’est attardé sur la prise en charge des patients par des généralistes en Zip. On apprend ainsi que ces derniers « participent moins souvent à des réunions de concertation pluridisciplinaires, dont le but consiste à prendre des décisions concernant la prise en charge de ces patients. Ils déclarent plus souvent ne pas être sollicités par les médecins hospitaliers sur la faisabilité du retour ou du maintien à domicile de leurs patients ». Il est ainsi probable, en déduit l’Insee, « que, confrontés à un contexte d’exercice spécifique, notamment à un rythme plus soutenu, les médecins exerçant dans une zone devenue Zip soient moins disponibles pour accompagner le suivi de certains cas ou participer aux prises de décision ». Ils communiquent toutefois avec d’autres professionnels de santé. « Par exemple, dans les échanges d’informations avec les spécialistes en charge de leurs patients atteints de cancer, aucune différence significative n’est relevée ».
Dernières spécificités des médecins en Zip : ils font moins de prévention et prescrivent davantage d’antidouleurs opioïdes et moins de soins paramédicaux que leurs confrères. « Les écarts de scores réalisés aux indicateurs de prévention de la rémunération sur objectifs de santé publique (ROSP) sont par exemple significatifs pour les dépistages des cancers du col de l’utérus et du sein, ainsi que pour la vaccination des personnes âgées. Leurs moindres scores en matière de prévention pourraient être associés à leur temps de consultation plus court ».

Ludovic Galtier

Accéder à l’étude de l’Insee.

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