Édition du vendredi 26 juillet 2019


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Agenda rural : « La ruralité a besoin d'un grand plan national ! »

C’est ce matin que la mission mandatée par la ministre Jacqueline Gourault pour réfléchir à des mesures pour la ruralité rend ses travaux. Au menu, 200 propositions qui pourraient constituer, selon les mots de Pierre Jarlier, membre de la mission, « le grand plan national » dont la ruralité a « besoin ».
Ce sont cinq maires ou parlementaires ruraux qui ont été missionnés pour mener ces travaux : Daniel Labaronne (député de l’Indre-et-Loire), Patrice Joly (sénateur de la Nièvre), Dominique Dhumeaux (maire de Fercé-sur-Sarthe et président des maires ruraux de la Sarthe), et enfin deux vice-présidents de l’AMF, Cécile Gallien, maire de Vorey, et Pierre Jarlier, maire de Saint-Flour.
Ces deux derniers ont détaillé ce matin pour Maire info la démarche qui a été la leur.

Proposer des actions concrètes et « différenciées »
Rappelant que c’est l’Europe qui a décidé la création d’un « agenda rural européen », Cécile Gallien explique que la mission qui leur a été fixée par la ministre était, « dans un contexte de mutations profondes de la ruralité et d’un sentiment d’abandon », de « proposer des actions concrètes et de débroussailler les politiques publiques ». Avec un élément de plus au cahier des charges : « Définir des mesures qui soient applicables dans le cadre du quinquennat ».
« Les territoires ruraux sont loin de toute fatalité », appuie Pierre Jarlier, « ils sont innovants, prennent énormément d’initiatives qui doivent être mieux reconnues et davantage soutenues ». Les élus ont particulièrement touché du doigt une réalité lors de leurs auditions : « Il n’y a pas une ruralité mais des ruralités, dans des situations très différentes, et pour lesquelles il faut des mesures différenciées. »
Une vision visiblement conforme avec celle exprimée ce matin, dans Libération, par Jacqueline Gourault, qui parle de la nécessité de faire « du cousu main », d’une « boîte à outils », de mesures « suffisamment souples pour que l’on puisse adapter les réponses à chaque territoire ».

Santé, mobilité, numérique
Les élus ont mis en tête de leurs propositions la santé, les mobilités et le numérique. Sans médecin, sans possibilité de se déplacer et sans couverture satisfaisante (téléphonie mobile et haut débit), impossible en effet de bâtir « une ruralité dynamique et attractive », juge Cécile Gallien. Le rapport préconise notamment de rendre « obligatoires » les stages en milieu rural pour les internes, ce qui représenterait « 3 000 médecins immédiatement disponibles ». Sur la mobilité, ils relayent la revendication de la plupart des associations d’élus : transférer vers le bloc communal une part de la taxe carbone pour financer la mobilité de proximité en milieu rural – on se rappelle que c’est précisément ce point qui a fait achopper le projet de loi d’orientation sur les mobilités.
Sur le numérique, la mission appelle également à des mesures plus coercitives, notamment « obliger les opérateurs à mettre en place le partage des données » ou leur faire respecter les conventions de couverture numérique.

Nouvelles sources de financement
Au-delà de ces « priorités absolues », les élus déroulent une liste de propositions dans les domaines les plus variés (éducation, culture, agriculture, sport, jeunesse, développement économique, emploi, logement, etc.), que l’on ne peut naturellement résumer ici. Mais les élus mettent, évidemment, un accent particulier sur le « financement », jugeant « absolument indispensable la création d’un fonds nouveau et dédié » (Cécile Gallien), baptisé Fonds national de cohésion des territoires – en écho à la nouvelle agence du même nom. Ce nouveau fonds bénéficierait des crédits du fonds national d’aménagement du territoire (FNADT), doublé d’un « fonds de péréquation sur les territoires riches ».
Pierre Jarlier insiste également sur la nécessité de prolonger le régime des ZRR (zones de revitalisation rurale) « jusqu’en 2022 » et d’élaborer un véritable « plan de revitalisation des petites villes et des centres bourgs » – comme le gouvernement l’a fait pour les villes moyennes avec le programme Action Cœur de villes.
Enfin, Pierre Jarlier et Cécile Gallien insistent tous les deux pour que se mettent en place « de nouveaux outils de coopération entre les territoires ruraux et les métropoles ». « Il faut que les uns et les autres deviennent réellement complémentaires, insiste le maire de Saint-Flour, ce n’est qu’à ce prix que seront résolues toutes les grandes questions de l’époque – biodiversité, eau, transition énergétique, alimentation. » Les élus proposent notamment d’inscrire, dans le volet métropolitain des contrats de plan État-régions, « l’obligation de coopérer avec les territoires ruraux indépendants ».
Selon Jacqueline Gourault, ces 200 propositions vont à présent être « expertisées » par le gouvernement, qui livrera ses conclusions au moment du congrès de l’AMRF, le 21 septembre prochain, à Eppe-Sauvage (Nord).
F.L.
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