Maire-info
Le quotidien d’information des élus locaux

Édition du lundi 2 septembre 2019
Éducation

Rentrée scolaire : les chantiers du ministère

L'entrée en application de la loi pour une école de la confiance, promulguée cet été, s'impose comme la nouveauté de cette rentrée scolaire dans le premier degré, avec l'instruction obligatoire dès 3 ans, et donc l'entrée en maternelle de tous les enfants de cette classe d'âge (hors instruction à domicile). Cela doit aller de pair avec de nouvelles pratiques pédagogiques pour les enseignants en maternelle, a insisté le ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, lors de sa conférence de presse de rentrée, mardi 27 août. Car l'objectif est d'assurer la « réussite »  des élèves, en modifiant donc en partie le cadre et la méthode d'apprentissage dès le plus jeune âge. Cela va concerner aussi les agents spécialisés mis à disposition par les communes en maternelle, les Atsem. Le ministre a évoqué un travail engagé avec l’équipe du psychiatre Boris Cyrulnik, et la préparation d'un vademecum « pour enrichir la formation au CAP d’accompagnant petite enfance ».
Le primaire reste « la priorité »  du ministre. Les réformes engagées lors des précédentes rentrées se poursuivent donc. À commencer par le dédoublement en éducation prioritaire des classes de CP et de CE1. Cet été, 700 classes de CE1 en REP + et 3 200 classes de CE1 en REP ont été dédoublées. Il s'agissait de la dernière étape de cette réforme entamée en 2017. Ce qui permet au ministre d'annoncer que la totalité des élèves concernés (300 000) profiteront de la réforme désormais. Au total, la mesure s’est traduite par la création de 10 800 classes de CP et de CE1 en Rep+ et Rep. L'impact sur les résultats scolaires sont « encourageants »  assure le ministre, prenant appui sur les premières évaluations menées par le ministère qui indiquent une baisse des écarts entre les enfants en éducation prioritaire et les autres.
Les collectivités locales ont été les acteurs de l'ombre de cette réforme. Elles doivent continuer à l'être, car débute à cette rentrée un autre compte à rebours avec le dédoublement prévu des grandes sections de maternelle en REP et REP + d'ici à la fin du quinquennat. Au total cela va toucher 6 000 classes et 150 000 élèves de maternelle. « Plusieurs académies ont réussi à commencer à dédoubler des classes de grandes sections maternelle dès cette rentrée », s'est félicité le ministre.

Plaidoyer pour l'école rurale
La « priorité »  au primaire se solde par la création de 2 300 postes, malgré une baisse du nombre d'élèves, souligne le dossier de presse. Sur ce point, le ministre a particulièrement mis l'accent sur l'école rurale. Il a rappelé la promesse du président de la République qu'aucune école ne fermerait désormais sans l'accord du maire. « Sur la base de cet engagement, le nombre de fermetures d’écoles en zone rurale est limité à 63 à la rentrée 2019, dans un contexte de baisse démographique persistant dans les territoires les plus éloignés ».
Pour le ministre, « l'école rurale doit être encouragée sur un mode offensif, pour la rendre attractive, moderne, avant-gardiste, nous encourageons les familles à s’installer en communes rurales ». Mais il n'a pas précisé davantage sa pensée. Ce qui est certain, c'est que le ministère parie toujours sur les conventions ruralité pour organiser cette « modernisation ». Plus prolixe que le ministre sur ce point, le dossier de presse précise que « en dépit d’une baisse démographique dans le 1er degré qui se poursuit à la rentrée 2019 (près de 36 000 élèves en moins par rapport à 2018), et qui concerne tout particulièrement les territoires ruraux, les moyens consacrés à l’école primaire continuent d’augmenter. Dans les 45 départements les plus ruraux 270 postes sont créés alors qu’il y a 57 000 élèves en moins sur trois ans. » 
 
Autres nouveautés
Parce « qu'une mauvaise alimentation nuit à la qualité des apprentissages, (et que) commencer la journée le ventre vide peut gêner la concentration », l’Éducation nationale a prévu des crédits pour servir régulièrement 100 000 petits déjeuners. Cette mesure a été amorcée au printemps, en priorité ciblée sur les territoires les plus fragilisés (Rep/Rep+ et quartier prioritaire de la ville). Mais beaucoup de collectivités, qui ont en charge la mise en œuvre de ce dispositif, restent très circonspectes sur les modalités – notamment financières – de sa mise en œuvre.
Concernant les enfants en situation de handicap, cette rentrée 2019/2020 doit marquer une nouvelle étape avec la création « d'un grand service de l'école inclusive ». Avec des pôles inclusifs d’accompagnement localisés (Pial) pour mettre en réseau les écoles et les accompagnants, et des cellules d’accueil, d’écoute et de réponses pour les familles dans chaque département. À noter, en ce qui concerne les accompagnants (AESH), que la loi « permet désormais à l’Éducation nationale et aux collectivités territoriales de s’associer par convention en vue d’un recrutement commun d’AESH », avec la collectivité en second employeur. Cela doit permettre « une augmentation du temps de travail moyen et garantir aux élèves une meilleure continuité de leur accompagnement entre les temps scolaires et périscolaires », explique le ministère.

Plan mercredi et cités éducatives
Nichées dans le dossier de presse, quelques lignes permettent d'en savoir enfin un peu plus sur le Plan mercredi qui ne semble pas avoir le succès escompté. 4 306 communes bénéficient d’un Plan mercredi selon le ministère qui compte sur 2 000 Plans mercredi supplémentaires cette année.
Le dossier évoque également le lancement des cités éducatives, qui concernent les quartiers de la politique de la ville. Mais c'est cette semaine que l'on devrait connaître la liste des territoires retenus sur les 80 déclarés éligibles en mai dernier.
Maire info reviendra dans la semaine sur les décrets d'application de la loi pour école de la confiance concernant le contrôle de l'assiduité scolaire dès 3 ans et le fonctionnement des jardins d'enfants.

Emmanuelle Stroesser

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