Trente ans tout juste après la première loi Montagne de 1985, on se rappelle que le gouvernement a commandé aux deux députées Annie Genevard (Doubs) et Bernadette Laclais (Savoie) un rapport sur les évolutions à apporter à ce texte fondateur. Les deux élues ont listé 37 propositions (lire Maire info du 4 septembre) visant à « renouveler le pacte entre la nation et les territoires de montagne », en mettant l’accent sur l’adaptation des normes aux spécificités de la montagne, aux questions de l’accès à la santé ou encore au travail saisonnier.
Le Premier ministre s’est apparemment largement inspiré de ces propositions, puisqu’il les a en grande partie reprises dans ses déclarations, après le Conseil national de la montagne. Manuel Valls a rappelé que la montagne rapporte, à travers le tourisme, 7 milliards d’euros et représente « plus de 120 000 emplois ». Mais il a voulu engager une « véritable reconnaissance de la montagne », qui suppose justement de ne pas réduire les territoires montagneux à des seules stations de sports d’hiver.
« L’accès à tous aux soins de santé » a été qualifié par le chef du gouvernement de « premier impératif ». Il a rappelé que le comité interministériel aux ruralités qui s’est tenu l e14 septembre dernier a acté l’implantation de 1000 maisons de santé pluridisciplinaires et « l’augmentation à 1700 du nombre de bourses allouées aux médecins décidant de s’implanter en territoires reculés ». Mais dans les zones de montagne, l’État devrait donner de nouveaux moyens « techniques et financiers » pour le développement de « moyens héliportés ».
Deuxième « impératif » : la mobilité. Malgré la disparition des Atesat, l’État « va mettre à disposition des collectivités des équipes d’ingénieries pour assurer le suivi des ouvrages – routes, tunnels, viaducs – les plus stratégiques ». Des « solutions innovantes spécifiques » vont être mises en œuvre, notamment le transport par câble.
Sans donner plus de précisions, le Premier ministre a promis que l’acte II de la loi Montagne allait permettre de « valoriser et sécuriser l’emploi saisonnier », « mieux reconnaître le travail saisonnier et renforcer les droits des salariés et créer une offre de service globale et adaptée aux salariés saisonniers ».
Enfin, à quelques semaines de la COP21, le Premier ministre ne pouvait pas éviter le sujet du réchauffement climatique – il a d’ailleurs profité de sa visite pour visiter la Mer de Glace, « révélateur à grande échelle et à l’œil nu des effets du réchauffement climatique ». Le Premier ministre a annoncé que vont être développés « de nouveaux outils pour utiliser davantage de bois dans le cadre de la gestion durable et développer les entreprises de la filière forêt/bois », et que le futur projet de loi allait « accompagner le développement de l’industrie de transformation de bois et créer de la valeur ajoutée dans les massifs forestiers de montagne. »
Manuel Valls a également évoqué la question – particulièrement importante dans les zones touristiques de montagne – des offices du tourisme intercommunaux prévus par la loi Notre, promettant une certaine « souplesse » et des contributaires au FPIC (lire interview ci-dessous).

