CAO : « Pas de centres de grande taille dans des bourgs de petite taille », assure Bernard Cazeneuve
Le gouvernement veut « éviter à tout prix » d'installer des centres « de grande taille dans des bourgs de petite taille », ce qui n'aurait « aucun sens », a indiqué le ministre de l'Intérieur lors d'une audition devant la commission des Lois du Sénat, plaidant pour une « adéquation » avec la taille de la commune et « la nécessité d'avoir des tailles humaines pour procéder à un accueil de qualité ».
Depuis un an « nous avons ouvert 161 centres qui ont permis d'accueillir 5 600 réfugiés », a rappelé Bernard Cazeneuve. « Personne n'a vu 161 mini-camps ou mini-Calais se constituer », a-t-il poursuivi, dénonçant des « contre-vérités » et des « instrumentalisations vulgaires et outrancières » à ce sujet.
La répartition se fera dans la « concertation avec les élus concernés », a-t-il redit, et sur la base des « propositions des collectivités locales elles mêmes ». Il sera procédé à un « croisement de critères » : efforts déjà faits « au regard des populations déjà accueillies », disponibilité des structures, « capacité du tissu associatif à se mobiliser »... « L'Etat a tout financé » depuis le lancement des CAO et il est « faux » de dire que « l'Etat se défaussera sur les maires », a par ailleurs lancé Bernard Cazeneuve.
Mais « si on veut accueillir ceux qui doivent l'être, on doit reconduire ceux qui n'ont pas vocation à rester sur le territoire national », a-t-il ajouté, plaidant pour « créer les conditions d'une facilitation du retour » de ces migrants.
Par ailleurs une discussion est ouverte avec les départements sur « les conditions qui permettront d'accueillir dans de bonnes conditions les mineurs isolés », qui sont « de l'ordre de 900 à 950 » à Calais, a-t-il ajouté.
Le président de la commission des Lois, Philippe Bas, (LR) s'est félicité de ces « réponses tangibles », relevant notamment « le volontariat des collectivités » et le fait que « toutes les charges financières seraient prises en charge par l'Etat ». La commission avait demandé il y a une semaine à entendre Bernard Cazeneuve pour avoir des éclaircissements sur ce plan de répartition des migrants révélé par la presse la semaine dernière.
Le ministre de l’Intérieur a par ailleurs indiqué hier, à l’issue d’une réunion avec les représentants des cultes que le démantèlement de la Jungle de Calais se fera « avant que l’hiver n’arrive ». L'opération sera lancée « dès lors que nous aurons réuni les conditions en termes de capacité de mise à l'abri », et que nous aurons « travaillé avec les associations » pour garantir que « cette opération pourra revêtir totalement le caractère humanitaire que l'on souhaite », a-t-il ajouté. (Avec AFP)

