Si l’on ne tient compte que des dépenses d’équipement de l’ensemble des collectivités, la chute est encore plus forte puisqu’elles ont baissé de 11 % l’an passé. Le bloc communal reste le plus impacté avec une baisse de 14 % (comme en 2014). « On est quasiment à moins 30 % fin 2015 alors que les prévisions initiales tablaient sur 2017 », indique André Laignel. Dans le même temps, les départements plongent de 4,2 %. Seules les régions ont donc pu augmenter leurs dépenses d’équipement (+6,4 %).
De la même manière, l’épargne nette de l’ensemble des collectivités a baissé de 4,1% en 2015 bien que l’épargne brute soit repartie à la hausse (+ 2,1 %) après trois années de baisse. « Depuis 2011, cela représente moins 31 % », a pointé le maire d’Issoudun. Dans le détail, l’épargne nette a diminué de 3,6 % l’an passé pour le bloc communal (et de 32,5 % depuis 2011), de 7,8 % pour les départements (et de 35,7 % depuis 2011) et de 11 % pour les régions (et de 37,8 % depuis 2011). « L’ampleur de ces chiffres est significative ! », a commenté André Laignel. Et si les régions ont pu davantage investir alors que leur épargne nette fondait, c’est parce qu’elles ont « beaucoup plus emprunté », a analysé le président de l’Observatoire.
Par ailleurs, l'observatoire - dont le rapporteur est le sénateur de la Haute-Marne, Charles Guené - relate que les dépenses totales des collectivités ont toutefois progressé de 0,2 % pendant que les recettes augmentaient de 1,7 %. Reste que les dépenses des communes et des intercommunalités ont respectivement baissé de 1,1 % et de 0,4 %. Celles des départements ont progressé de 0,6 % et celles des régions de 4,1 %.
A noter que les dépenses de personnel ont évolué de 1,9 %, soit « beaucoup plus lentement que les années précédentes (+4,1 % en 2014 notamment) », selon André Laignel. Celles du bloc communal ont progressé de 2 % l’an passé (contre 4,6 % en 2014). « C’est une décélération très forte mais ces dépenses devraient à nouveau augmenter de manière assez importante en 2016 et surtout en 2017 puisqu’il y aura la revalorisation du point d’indice ainsi que le protocole sur les carrières », a rappelé le président de l’Observatoire.
« Il y a une belle maîtrise des dépenses mais celle-ci est due à la baisse de l’épargne nette, de l’investissement mais aussi à la baisse du transfert des concours de l’Etat vers les collectivités. Ce qui a entraîné une augmentation des impôts locaux. Les élus locaux ont toutefois démontré une grande capacité d’adaptation, sans doute aidés en cela par la règle d’or (qui impose un budget à l’équilibre) », a conclu André Laignel.

