Si la France comptait 6,1 millions d’immigrés, c’est-à-dire des personnes nées à l’étranger de nationalité étrangère, soit 9,3 % de la population en 2015, le ratio était légèrement plus important parmi la population active. Selon l’enquête Emploi datée de 2014, citée par l’Insee, « une (personne active) sur dix est immigrée ». Les immigrés d’âge actif d’Europe du Sud (Espagne, Italie, Portugal) « sont les plus anciennement installés : 75 % sont arrivés avant 1998, alors que ceux originaires du Maghreb (Algérie, Maroc, Tunisie) sont aussi nombreux à être arrivés après qu’avant cette date. Les immigrés originaires des autres pays d’Afrique sont venus plus récemment : 60 % sont arrivés après 1998 », ont constaté les auteurs de l’étude.
Une immigration principalement « pour raisons familiales »
Interrogés en 2014 sur « les raisons de leur installation en France », les immigrés de 15 à 64 ans « ont déclaré, pour 45% d’entre eux, être venus en France pour des raisons familiales ». Un quart est arrivé en France « pour trouver un emploi » , 16% « pour faire des études » et 8% « pour se protéger ou protéger sa famille ».
Les enquêteurs de l’Insee remarquent par ailleurs que « de plus en plus de femmes immigrent : elles représentent 58 % des immigrés d’âges actifs arrivés depuis 2007, contre 51 % parmi ceux venus en France avant 1981 ».
Le niveau de diplôme des immigrés a augmenté depuis une trentaine d’années : « 33 % de ceux qui sont arrivés après 1998 ont un diplôme de l’enseignement supérieur, contre 21 % de ceux qui étaient arrivés avant cette date. »
Lors de leur premier emploi en France, 85 % des immigrés arrivés à l’âge de 15 ans ou plus occupaient un poste d’employé (58 %) ou d’ouvrier (27 %). Seuls 7 % étaient cadres et 5 % exerçaient une profession intermédiaire. « La nécessité de travailler rapidement peut conduire les immigrés à accepter des emplois dans lesquels ils ont le sentiment d’être surqualifiés. Ainsi, 36 % des immigrés avaient le sentiment d’être surqualifiés lors de leur premier emploi en France par rapport à leur niveau d’études, leur expérience et leurs compétences. Ce sentiment persiste dans le temps puisque 33 % se considèrent encore surqualifiés dans leur emploi actuel. Ce n’est le cas que de 17 % des personnes non immigrées. » Les immigrés originaires du Maghreb et des autres pays d’Afrique ont un risque de se sentir surqualifiés significativement plus élevé, que ce soit au premier emploi ou dans l’emploi actuel.

