Sur ce sujet, l’avis des membres du CFL est que « le calendrier paraît complexe à tenir car nous sommes en pleine modification des périmètres intercommunaux et il est peu probable que nous ayons la capacité à avoir rapidement les conséquences financières des fusions prévues », a rapporté André Laignel. En effet, dans de nombreux départements, il n’y a pas de simulations fiables des conséquences financières des fusions prévues par les schémas de coopération intercommunale, a-t-il rappelé. Dans son département de l’Indre, « les élus dont les communautés fusionnent ne connaissent pas aujourd'hui les conséquences financières de leur fusion ». Dans ce contexte, il a exprimé « un doute méthodologique sur la capacité à tenir sérieusement les délais » de la réforme de la DGF.
La réunion du CFL portait également sur la traditionnelle répartition de la DGF, qu’il effectue chaque année à la même époque. La DGF effectivement répartie en 2015 se montait à 36 619 millions d’euros (M€), montant auquel il faut notamment retrancher 3 670 M€ de « contribution des collectivités territoriales au redressement des finances publiques » (la baisse des dotations, dont 1 450 M€ de baisse de la dotation forfaitaire des communes et 621 M€ de baisse de la dotation d’intercommunalité) et ajouter 158 M€ pour financer la moitié de la péréquation au sein de la DGF et 113 M€ pour financer la création des métropoles du Grand Paris et d’Aix-Marseille-Provence. Soit un total de 33 221 M€ à répartir en 2016.
Sur ce total, la DGF des communes et de leurs groupements s’élève à 19,2 milliards d’euros, soit une baisse de 8,6 % par rapport à 2015. La DGF des départements, d’un montant de 9,6 milliards d’euros, est en baisse de 10,6 %.
« Les marges de manœuvre du CFL se sont réduites avec les années », a rappelé André Laignel, mais le comité devait néanmoins se prononcer sur plusieurs questions. Concernant la progression de la dotation de solidarité urbaine (DSU) et rurale (DSR) à financer sur la DGF, il a choisi – en raison du contexte de baisse des dotations – de ne pas aller au-delà de l’accroissement minimum prévu par la loi de finances (90 M€ pour la DSU et 58,5 M€ pour la DSR).
Toujours dans la DGF des communes et des intercommunalités, d’autres évolutions devaient être financées : l’augmentation de la population (pour 33 M€), l’évolution de la dotation d’intercommunalité sous l’effet des accroissements de périmètres et des transformations de communauté de communes en communauté d'agglomération (166 M€, dont 113 M€, correspondant à l'impact de la création des métropoles du Grand Paris et d'Aix-Marseille-Provence, sont déjà financés par l'abondement de la DGF), et la majoration communes nouvelles (5,5 M€). Avec l’augmentation de la DSU et de la DSR, cela représentait 242 M€ à financer. Le CFL a choisi de reconduire la répartition adoptée en 2015, soit de 60/40 entre les communes et les EPCI, ce qui conduit à une ponction de 145 M€ par écrêtement de la dotation forfaitaire des communes (17 710 communes écrêtées) et de 97 M€ de minoration de la compensation part salaires.
Concernant la répartition de l’augmentation de la DSR entre ses trois fractions, le comité a également reconduit le scénario 2015 : 30 % pour la DSR bourg-centre, 30 % pour la part péréquation et 40 % pour la part cible.

