En 2002, le transfert de deux nouvelles compétences aux collectivités locales - la mise en place de l'aide personnalisée d'autonomie pour les départements et la généralisation de la régionalisation des transports ferroviaires - entraîne une forte croissance du volume des budgets des collectivités locales. C'est ce qui ressort de l'édition de début d'année de la note de conjoncture de Dexia-Crédit local, présentée par Jacques Guerber, président du directoire, hier mercredi. Après une année 2001, au cours de laquelle se sont confirmées à la fois la stabilisation de la pression fiscale (+ 0,2%) et la bonne orientation de l'investissement local (+ 4%) en dépit du contexte électoral peu porteur, l'année 2002 devrait se caractériser par : .Une croissance soutenue des dépenses de gestion (+ 7,5%, après + 4,8% en 2001). Trois facteurs essentiels expliquent cette hausse. - Les frais de personnel, qui évoluaient à un rythme proche de 5% les deux années précédentes, devraient connaître une accélération (+ 5,7%), essentiellement du fait de la mise en œuvre généralisée des 35 heures. - L'extension du dispositif de régionalisation des transports ferroviaires, dont l'expérimentation auprès de sept régions s'est révélée concluante, devrait engendrer un surcroît de charges d'exploitation pour les régions de l'ordre de 1 milliard d'euros. - Enfin, la mise en place de l'allocation personnalisée d'autonomie, qui bénéficiera à 500 000 personnes, contre 135 000 dans l'ancien dispositif, augmentera les dépenses départementales d' 1,4 milliard d'euros. .Une hausse probable des taux d'imposition : après trois années de stabilisation, la pression fiscale devrait connaître une augmentation de l'ordre de + 2%, répartie ainsi : -+ 1,6% pour les communes et les groupements, soit une progression plus faible que les hausses observées par le passé lors des années post-électorales ; -environ + 4,5% pour les départements ; -+ 0,5% pour les régions. « Ce rebond de la pression fiscale, après plusieurs années de modération, mérite toutefois d'être relativisé, a précisé Jacques Guerber. Cela signifie que, pour un ménage n'ayant pas connu de modification de sa situation, la taxe d'habitation augmentera en moyenne de 3%, c'est-à-dire 2% au titre de la hausse des taux d'imposition et 1% du fait de l'accroissement forfaitaire des bases ». .Une réduction limitée des dépenses d'investissement (–1,9%). L'année qui suit l'élection des conseils municipaux se traduit traditionnellement par un repli des investissements communaux, tirant l'investissement de l'ensemble du secteur local à la baisse. Ce repli sera toutefois plus limité en 2002, compte tenu de l'avancement des contrats de plan Etat-régions, de la régionalisation des transports ferroviaires et du développement de l'intercommunalité. En 2002, la capacité de financement du secteur local continue de se renforcer – l'épargne atteint près de 32 milliards d'euros. La dette des collectivités locales poursuit son repli ; elle ne représente plus aujourd'hui que 74% des recettes de fonctionnement, contre 111% en 1995. <s