Evoquant les futures métropoles et les compétences que le projet de loi envisage de leur confier, Marylise Lebranchu a argumenté : « il est dommage de confier des compétences de cette importance à une structure de second degré. Le gouvernement a donc pris l’engagement qu’en 2020, on sorte de cette structure de second degré au profit d’une structure élue en partie au suffrage universel auquel s’ajoutera un conseil représentant les territoires, c’est-à-dire les communes ».
Plusieurs députés de l’opposition et le Front de gauche ont aussitôt dénoncé « un coup de force ». « Ce sera la mort des communes et des départements », a immédiatement jugé Marc Dolez alors que l’ancien ministre Patrick Ollier estimait que le gouvernement « préparait la mort annoncée des maires et des communes », tout en soulignant que « la double légitimité au sein d’un même conseil sera source de conflits et de difficultés ».
Présent aussi dans l’hémicycle, Jacques Pélissard, député du Jura et président de l’Association des maires de France, a réagi à son tour dénonçant une démarche « aux antipodes du rapport de confiance ». « Le Premier ministre et vous-mêmes parlez de confiance, de pacte de confiance, de concertation avec le Haut conseil des territoires créé il y a quelques heures. Aujourd’hui, nous sommes aux antipodes du rapport de confiance : pas de concertation, pas la moindre information, pas la moindre négociation avec les associations de maires, en particulier l’Association des maires de France. Très franchement, vous êtes en dehors des clous », a-t-il déclaré à la ministre, ajoutant : « s’il y a un suffrage universel dans une métropole c’est la mort des communes, c’est la mort des maires ».
A l’inverse, écologistes, qui réclamaient cette mesure, et socialistes ont affiché leur satisfaction. Cela a été le cas de Michel Destot, député de l’Isère et président de l’Association des maires des grandes villes de France, défenseur de la première heure de ce mode d’élection pour les grandes agglomérations. Au nom de « l’exigence démocratique », l’élu a appelé les députés socialistes « à soutenir l’amendement du gouvernement ».
Quelques heures après, l’AMGVF, rejointe par l’ACUF, se « réjouissait » dans un communiqué « d’avoir été entendue ». De son côté, le président de l’AMF alertait, dans un communiqué publié également quelques heures après le vote, sur « les incidences de cette disposition créant une nouvelle collectivité territoriale qui marginalise les maires des futures assemblées métropolitaines et altère la place des communes dans les métropoles ».
Si la disposition organisant l’élection des conseillers communautaires dans les métropoles à partir de 2020 est définitivement adoptée, c’est au ministre de l’Intérieur qu’il reviendra de traduire son application dans le Code électoral. « Aujourd’hui, à travers la crise que nous connaissons, le maire reste le point de repère à tous niveaux. Attention à l’élection au suffrage universel direct des conseillers communautaires. Il ne faut pas défaire ce qui permet aux gens de vivre ensemble », déclarait Manuel Valls en novembre dernier aux maires rassemblés en congrès. Il n’était alors question pour le ministre que d’évoquer la solution retenue pour les élections de 2014, celle du fléchage à l’échelle de la circonscription communale.

