Jugeant indispensable de disposer d’un cadre de travail solide, Frédéric Cuvillier considère « le SRDEII comme un bon outil mais à condition de rester souple pour s’adapter aux opportunités qui peuvent se présenter ». Une souplesse également revendiquée par Marc Abadie, directeur du réseau et des territoires à la Caisse des dépôts : « Le SRDEII est une feuille de route et doit le rester. Il ne doit surtout pas être un super Scot ! ». Il plaide pour un « travail en mode partenarial » avec au final « une vraie stratégie de territoire et non pas un inventaire à la Prévert ». A cette fin, « les SRDEII ne doivent pas être un document de plus mais permettre de la complémentarité avec les contrats de plan Etat-régions ou les pactes Etat-métropoles ».
Pour sa part, Michel Guillot, vice-président de l’Adit (Agence pour la diffusion de l'information technologique), s’est réjoui que l’outil ait « obligé tout le monde à travailler sur le même sujet. Il lui faut être une machine à décloisonner ». Selon lui, le SRDEII présente le gros avantage de traiter de tous les sujets, y compris de l’aménagement du territoire même si le Sradett existe parallèlement. Et d’ajouter : « Avec sa double approche sur l’emploi et la croissance, il apporte une valeur ajoutée pour le soutien des différentes filières économiques ». Pour le faire vivre à présent sur la durée, « il faut se mettre en mode projet », a insisté l’ancien préfet de la région Champagne-Ardenne et de la Marne.
Dans les régions agrandies et dans celles ayant changé de majorité politique, le chantier du SRDEII n’a pas forcément été aisé. « Mais aujourd’hui, il y est plus utile en ayant contribué à créer une identité régionale », a constaté Mathieu Lacave, directeur de Technopolis France qui a accompagné plusieurs régions dans leurs démarches. Il donne également une bonne note à « l’ingénierie financière beaucoup plus présente qu’avant dans les schémas ». En revanche, Mathieu Lacave se montre plus sceptique sur le volet innovation des SRDEII qui ne présente « rien de nouveau et se contente de recycler les grandes orientations déjà arrêtées précédemment ».
Tout en reconnaissant le SRDEII « utile pour fédérer tous les acteurs autour d’un projet », Sébastien Pilard, vice-président de la commission économie de la région Pays de la Loire, lui-même chef d’entreprise, voit la région comme « un facilitateur » en faveur des filières économiques.

