A la veille de son 97e Congrès, l'AMF répond aux attaques contre les maires
« Après 1,2 milliard d’euros en 2012, 1,4 en 2013, c’est 1,5 milliard de charges obligatoires qui nous sera imposé en 2014 », a précisé André Laignel, premier vice-président délégué de l’association. Il a aussi indiqué que la baisse des dotations de l’Etat conduirait à « une baisse drastique » des investissements des collectivités locales qu’il a estimée « supérieure à 10 % en 2015 ». Le président du Comité des finances locales a aussi critiqué la Cour des comptes qui « semble avoir la volonté » de n’instruire « qu’à charge » dès lors qu’il s’agit des finances des collectivités. L’occasion pour lui d’annoncer le débat contradictoire sur le dernier rapport de la Cour entre son premier président, Didier Migaud, et les membres du CFL, le 13 novembre prochain.
Mais les inquiétudes des maires ne portent pas uniquement sur les évolutions financières. Elles portent aussi sur les évolutions institutionnelles à venir, a poursuivi André Laignel, évoquant avec le sens de la formule qu’on lui connaît « le triangle des Bermudes » dans lequel se trouvent aujourd’hui les institutions locales quant à leur avenir. « Sommes-nous encore dans une République décentralisée ? Apparemment, la place et le rôle des collectivités locales pose un problème à une certaine intelligentsia parisienne », a enchaîné André Rossinot, secrétaire général de l’AMF. « La réforme territoriale séquentielle n’a pas facilité les choses, a-t-il poursuivi, rappelant que l’AMF avait demandé dès le départ une loi cadre. Evoquant la prochaine séquence de cette réforme, à savoir la discussion du projet de loi NOTRe, Jacques Pélissard a répété l’opposition des maires à la fixation d’un seuil de 20 000 habitants pour toutes les intercommunalités. « Ce qui compte c’est le bassin de vie », a-t-il expliqué. « Ce n’est pas un problème de seuil mais un problème de société, a complété André Rossinot. Nous sommes aujourd’hui dans une approche sociétale du territoire ». L’AMF est également opposée au caractère prescriptif dont le projet de loi prévoit de doter les futurs schémas régionaux et demande que la réforme territoriale s’accompagne en parallèle de celle de l’Etat.
Le président de l’AMF va aussi demander au président du Sénat, Gérard Larcher, « d'organiser sous l'égide du Sénat, au titre de l'article 24 de la Constitution, un débat d'orientation avec les représentants des trois niveaux de collectivités locales pour échanger sur les grands enjeux de la réforme territoriale, et cela avant le début de la discussion du projet de loi NOTRe », ajoute ce matin l’association.
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