Interrogé sur sa position dès l’entame de la séance des questions lors de la conférence de presse de l’AMF consacrée au 108e Congrès des maires le 4 novembre, David Lisnard a répondu sans surprise : « il n’y a pas d’incompatibilité »  entre une candidature à la présidence de la République et une candidature à la présidence de l’AMF ! 

Le renouvellement des instances de l’Association aura lieu au moment du Congrès des maires avec un scrutin en ligne accessible à tous les adhérents et se déroulant du lundi 23 novembre, à partir de 17h, au mercredi 25 novembre jusqu’à 13h (heure de Paris). Des listes uniques et transpartisanes ont été déposées pour le comité directeur et le bureau. Mais deux candidats concourent pour la présidence : le maire de Cannes donc et Philippe Laurent, maire de Sceaux (retrouvez leurs interviews réalisées par Maires de France et Maire info ici et ici).

« Faire entendre la voix des maires » 

Avec la gauche, « nous avons un accord de gouvernance qui respecte l’AMF. Je ne fais pas rentrer la présidentielle dans l’AMF. Ce qui compte, c’est de faire entendre la voix des maires », a explicité David Lisnard. 

Lorsque l’AMF recevra les candidats à l’élection présidentielle au printemps prochain, David Lisnard a en outre indiqué qu’il ne participerait pas à l’organisation. Il a également confirmé qu’en cas de réélection en novembre il se mettrait en retrait de la présidence de l’AMF et que l’Association serait alors dirigée par une « direction collégiale »  pendant quelques semaines.    

Devant la presse, André Laignel, premier vice-président délégué de l’Association a appuyé : « David a dit ce qu’il avait à dire. Nous avons dit ce que nous avions à dire [dans un courrier envoyé à David Lisnard dénonçant son « mélange des genres », ndlr]. Le Congrès doit être le lieu de l’unité. Nous ferons en sorte que l’unité en sorte renforcée ».

« Regagner nos libertés » 

De fait, la conférence de presse de présentation du 108e Congrès fut assez classique avec un message faisant consensus chez les maires : « le Congrès sera un appel à retrouver une démocratie locale vivante et vivace pour regagner nos libertés, thématique choisie »  pour cette 108e édition. 

L’enjeu pour les maires est avant tout de pouvoir récupérer des marges de manœuvre financières et des capacités d’action pour arriver à mettre en œuvre leur projet de mandat. « Tout le monde est d’accord là-dessus », a affirmé le maire de Cannes. 

Or le projet de loi de finances pour 2027 s’inscrit dans la droite ligne de la décennie qui se termine avec une nouvelle « attaque »  sur nos finances, juge André Laignel. L’ancien maire d’Issoudun, qui transmettra sa casquette de premier vice-président délégué de l’AMF au maire de Bourg-en-Bresse, Jean-François Debat, en novembre, évalue déjà « la ponction extrême »  sur les budgets du bloc local à plus de 9 milliards d’euros, entre les pertes de recettes et les charges nouvelles... Sans doute la saignée la plus dure de la décennie, selon André Laignel. 

« Décentralisation de la dette » 

« La méthode est la même depuis dix ans, décrypte le premier vice-président délégué : on pioche dans les collectivités sans constater une amélioration des comptes de l’État. Le constat est attristant, constant et sans appel depuis dix ans. Comme nouvelle étape de décentralisation, nous avons eu une décentralisation de la dette sur les collectivités. Trop, c’est trop ! Cela va dans le sens d’un affaiblissement de la France. La récession que nous avions annoncée pour la fin de l’année est déjà là au 30 octobre ! » 

« Cela porte atteinte au contrat social local. On tue nos capacités budgétaires et d’investissement, ajoute David Lisnard. Nous sommes très motivés pour redresser les comptes publics mais chaque année [ceux-ci] se dégradent. Il ne nous est proposé aucune économie et on nous impose des charges supplémentaires ! Nous ne sommes pas le problème, nous avons la règle d’or pour nos budgets. On met l’exécutif au défi d’améliorer les comptes publics » . Les deux élus n’oubliant pas de souligner au passage que l’endettement des collectivités est stable autour des 8% à 9% depuis des décennies…

Comme chaque année, l’AMF a invité le président de la République et le premier ministre ainsi que les membres du gouvernement. L’Élysée n’a pas encore donné sa réponse. Sébastien Lecornu a déjà fait savoir qu’il serait prêt à se rendre à la porte de Versailles. Mais les parties attendent le choix d’Emmanuel Macron, qui n’est venu côté Congrès qu’une seule fois, alors qu’il avait pourtant promis de revenir chaque année.

Premier congrès post-municipales 

Premier Congrès des maires depuis les élections municipales de mars 2026, le rendez-vous se voudra particulièrement pédagogique pour accueillir les nouveaux élus (ils sont 40% dans ce cas). Cette édition sera particulièrement dense avec 84 ateliers et forums, 6 débats en séance plénière et 16 parcours thématiques proposés aux congressistes. Concomitamment au congrès se déroule le Salon des maires et des collectivités locales sur le thème de « l’audace locale »  et qui accueillera autour de 1400 exposants. 

Suivez Maire info sur Twitter : @Maireinfo2