Le sujet financier sera aussi bien sûr omniprésent lors de ce 98e congrès, les maires dénonçant depuis longtemps l’étouffement financier auquel ont à faire face leurs communes. Le président de l’AMF, François Baroin, a rappelé « le cri d’alarme » que son association lançait « depuis des mois et des mois sur ce sujet ». « L’effondrement de l’investissement public est une réalité qui se déroule aujourd’hui sous nos yeux. Cela aura des conséquences sur la croissance de notre pays, sur le maintien des services publics, sur les subventions aux associations… », a martelé François Baroin. « Nous marquons notre opposition au cadre budgétaire qui nous est imposé », a-t-il poursuivi, précisant que l’AMF souhaitait « remettre en cause la saignée imposée aux collectivités locales (moins 28 milliards d’euros en quatre ans) ». « Sur le plan budgétaire, nous ne sommes pas loin de la remise en cause de la libre administration des collectivités locales. Ce ne sont pas des services déconcentrés de l’Etat et les dotations sont des transferts », a-t-il aussi affirmé.
Secrétaire général de l’AMF, Philippe Laurent a avancé quelques chiffres. « Alors que l’investissement public local a représenté 200 milliards d’euros pendant le mandat 2001-2007, les prévisions parlent de 130 à 135 milliards pour le mandat 2014-2019 », a-t-il prévenu. Autre chiffre cité par Philippe Laurent, le coût de la réforme des rythmes scolaires supporté par les communes ou intercommunalités : 200 euros par élève et par an, dont la moitié à peine prise en charge par l’Etat et la CNAF.
« Les maires de France sont d’une incroyable constance et d’un incroyable courage », a estimé pour sa part Michel Vergnier, trésorier de l’AMF. « Depuis trente ans, ils sont soumis à des changements importants », a-t-il poursuivi, citant les modifications des périmètres des intercommunalités, la transformation de la population ou encore l’illisibilité financière. Autre changement inquiétant aux yeux de Michel Vergnier : « le score de l’extrême droite dans les territoires ruraux qui avoisine 17 à 18 % alors que son électorat était quasi absent il y a quelques années ».
A noter que c’est sur un autre thème d’actualité, la laïcité, que s’ouvira mardi le Congrès de l’AMF : « Laïcité : quelles règles de bonne conduite ? ». Ce sera l’occasion pour l’association de présenter son vade-mecum, issu des travaux du groupe de travail que l’AMF avait créé sur le sujet lors de son congrès de l’an dernier. C’est également mardi, lors de la séance solennelle d’ouverture qu’est attendu le Premier ministre.
Comme tous les ans, la première journée du Congrès sera consacrée à l’Outre-mer avec la réunion des maires et des présidents d'intercommunalité ultra-marins au siège de l’AMF, à Paris.
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