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Édition du mercredi 8 juin 2022
Commerce

Fonds de commerce : les transactions sont reparties à la hausse en 2021

Le nombre de transactions de fonds de commerce en France a bondi de près de 10 % l'an passé, se rapprochant ainsi de son niveau d'avant la crise sanitaire, selon une étude d'Altares. Seulement un quart de ces transmissions ont toutefois été réalisées dans les petites communes.

Par A.W.

Alors que les résultats de l’année 2020 avaient laissé craindre une « fragilisation durable »  de l’attractivité des fonds de commerce, la dynamique s’est finalement inversée avec un nombre de transactions qui a rebondi de près de 9,6 % l’an passé (un peu plus de 27 700 transmissions réalisées), selon le bilan annuel sur les ventes et cessions de fonds de commerce publié par Altares, une société spécialiste des données sur les entreprises.

Et si le marché n’a pas tout à fait retrouvé son niveau d’avant-crise (avec 28 291 transactions en 2019), il s’en est sérieusement rapproché, et ce, malgré « les incertitudes liées notamment aux effets des variants [qui] n’ont pas permis de desserrer complètement l’étau ». Une attractivité retrouvée donc, après plusieurs années consécutives d’érosion et « une tendance à la baisse structurelle ». 

Rebond partout sauf dans la restauration

En 2021, tous les secteurs ont été concernés par le rebond des transactions, à l’exception notable de l’hébergement-restauration (- 6,7 %), « habituellement moteur du marché », mais particulièrement touché par les conséquences de la crise sanitaire. En net recul, ce secteur a réalisé moins d’un échange sur cinq en 2021, contre un sur quatre en 2019. Et « si les repreneurs ont répondu présents dans la restauration rapide (+ 4,1 %), ils manquent encore à l’appel dans la restauration à table (- 15,8 %) », constatent les auteurs de l’étude. En parallèle, les rachats de cafés ont également reculé de 10,3 %.

Parmi les activités qui ont connu le plus fort rebond, on retrouve les buralistes avec une hausse de plus de 50 % du nombre de transactions, suivi par les commerces de journaux et papeterie (+ 28,9 %), les boulangeries (+ 25,8 %), les commerces d’alimentation (+ 22,2 %) ainsi que les garagistes (+ 17,5 %) et les pharmacies (+ 17 %).

D'un point de vue géographique, l’Île-de-France concentre le plus grand nombre de transactions (plus de 4 500), suivie par l’Auvergne-Rhône-Alpes (près de 4 000). À elles deux, les deux régions concentrent près du tiers des opérations et sont suivies par l’Occitanie, la Provence-Alpes-Côte-d’Azur et la Nouvelle-Aquitaine qui comptabilisent respectivement un peu moins de 3 000 reprises. La Corse ferme la marche avec 185 transactions mais signe le plus fort rebond des transactions en 2021 (+ 24 %), devant les Pays-de-la-Loire (+ 22 %).

Prix d’achat à la hausse

Autre signe positif, les prix moyens de cession ont continué à augmenter en 2021 et ont même atteint « un record »  en dépassant pour la première fois la barre des 200 000 euros. Le prix de vente moyen des fonds de commerce a ainsi connu cinq années d’augmentation successives, passant de moins de 180 000 euros en 2017 à près de 201 000 euros en 2021, signe que ceux-ci restent bien attractifs.

Un montant qui varie toutefois fortement selon les régions et les secteurs d’activité. Les pharmacies enregistrent toujours le prix de vente moyen le plus élevé (avec plus d’un million d’euros pour acquérir un fonds d’officine, en baisse de 9,6 %), suivies par les supermarchés (près de 500 000 euros) puis les hôtels et les commerces de véhicules auto (plus de 300 000 euros).

Sans surprise, c’est l’Île-de-France qui connaît les prix de vente moyens les plus élevés des fonds de commerce à hauteur de 245 000 euros (en léger recul de 3,1 %), devant les Pays de la Loire (212 000 euros, + 8,2 %) et les régions Hauts-de-France et Provence-Alpes-Côte-d’Azur (209 000 euros, respectivement + 8,2 % et + 9,2 %). La Bourgogne-Franche-Comté ferme le classement avec des transactions moyennes qui s’élèvent à près de 166 000 euros, en recul de 2,5 %.

Un « enjeu essentiel pour la vitalité »  des petites communes

Altares révèle, par ailleurs, qu’une transaction sur cinq s’est conclue dans l’une des 50 plus grandes villes de France et qu’une sur dix a été réalisée dans l’une des cinq premières villes de l’Hexagone. Paris a ainsi enregistré plus de 1 600 transactions, Marseille 400, Lyon 370, Toulouse 212 et Nice plus de 170 transactions.

À l'autre bout de l’échelle, les petites villes de moins de 3 000 habitants n’ont, elles, concentré que « le quart des transmissions alors qu’elles représentent 90 % des communes françaises ». « Si les communes rurales ne sont pas complètement écartées du marché de la transmission, la question de leur attractivité peut tout de même se poser », soulignent ainsi les auteurs de l’étude, le directeur des études d’Altares Thierry Millon assurant pour sa part que « l’enjeu de revitalisation de ces territoires est plus que jamais d’actualité ».

D’autant que les petites entreprises, qui représentent l’essentiel des transactions (près de 25 000 transactions en 2021 pour les entreprises de moins de six salariés), sont celles qui ont « le plus de difficultés à être cédées », constate-t-il. « Leur transmission constitue pourtant un enjeu essentiel pour la vitalité d’une petite ville ou d’un village. Car faute de repreneur, ce sont les commerces de proximité – boulangeries, épiceries, cafés-restaurants, pharmacies, coiffeurs ou buralistes – qui baissent le rideau dans de nombreux territoires ruraux », souligne Thierry Millon. 
 

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