La baisse des dotations aura, et a déjà, un impact sur la politique ressources humaines (RH) des collectivités : alors que l’an dernier, une collectivité sur deux interrogée par Randstad faisait ce constat, elles sont aujourd’hui 61 % à le penser. Parmi les solutions envisagées pour faire face, 26 % des collectivités interrogées envisagent de diminuer les effectifs (24 % légèrement et 2 % fortement), contre 10 % qui pensent les « augmenter légèrement ». L’an dernier, elles étaient 24 % à envisager d’augmenter les effectifs. Dans les villes moyennes, à la question « envisagez-vous de diminuer les effectifs ? », l’écart entre les réponses positives est de 29 points entre l’an dernier et cette année… et de 56 points dans les grandes villes !
Sur la manière de s’y prendre pour réduire les effectifs, les collectivités ont trois leviers : celui qui est privilégié est le non-remplacement de tous les départs en retraite (77 %), suivi du non-renouvellement de certains contractuels (69 %) et du transfert de personnel par le biais de la mutualisation (24 %).
Autre question posée aux élus : « Quelles vont être (vos) priorités en termes de gestion des ressources humaines pour l’année à venir ? ». 58 % des sondés répondent « la maîtrise de la masse salariale ». Loin derrière viennent la mutualisation (21 %), l’amélioration des performances (9 %) et les mobilités internes (4 %).
L’étude permet aussi de constater une dégradation marquée du climat social au sein des collectivités locales : seules 7 % des personnes interrogées estiment que celui-ci s’est amélioré cette année, contre 43 % qui trouvent qu’il s’est dégradé (+15 %). Dans les communes moyennes, cette proportion est même majoritaire (58 %, soit une progression de 27 points en un an). 47 % des élus interrogés pensent qu’ils vont devoir agir sur la révision du temps de travail pour « mieux maîtriser la masse salariale », ce qui explique les inquiétudes de leurs agents. « Au regard des priorités RH des collectivités, les agents ne doivent pas s’attendre à voir leur rémunération progresser de façon significative », analysent les auteurs de l’étude avec un certain sens de la litote.
De façon plus générale enfin, 40 % des élus interrogés affirment que la « baisse de l’investissement » sera le levier qu’ils choisiront en priorité pour faire face à la baisse des dotations, suivi de la baisse « des charges de fonctionnement et de gestion » (33 %). La hausse des impôts ne recueille que 7 % des réponses.
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(Enquête réalisée à partir des réponses de 604 collectivités :348 petites communes, 122 communes moyennes, 18 grandes communes, 92 EPCI à fiscalité propre, 24 autres.)

