Maire-info
Le quotidien d’information des élus locaux
Édition du mardi 21 septembre 2021
Restauration scolaire

Cantines scolaires : en dix ans, la qualité des repas s'est améliorée pour une majorité de parents

Une étude réalisée par Elabe pour Sodexo balaie les « idées reçues » sur la cantine, « acteur incontournable du bien manger » dont la dimension sociale et éducative est plébiscitée par une majorité de Français.

Par Ludovic Galtier

La réputation des cantines scolaires, longtemps cantonnée aux repas sans saveur, finit-elle enfin par évoluer ? C’est en tout cas ce que laisse entendre une étude Elabe* réalisée pour Sodexo, publiée hier. « Loin des idées reçues », insistent les commanditaires dans leur analyse des résultats, 63 % des parents dont les enfants sont inscrits à la cantine estiment que la qualité des repas servis s’est améliorée depuis dix ans. « À toutes les questions que nous avons posées, l’avis des parents d’élèves est plus positif que celui de la population générale, décrypte Bernard Sananes, président d’Elabe, interrogé par Le Parisien. Cela signifie que quand on l’expérimente, les préjugés tombent. » 

Les plus de 65 ans, qui ont fréquenté les cantines scolaires il y a plus d’un demi-siècle, sont les plus dithyrambiques. Dans cette classe d’âge, composée de nombreux parents et grands-parents sensibles à ce que mangent leurs enfants ou petits-enfants, près de sept personnes sur dix répondent volontiers que les repas sont montés en gamme. 

À tel point que pour plus d’un parent d’élève sur trois (37 %), les enfants mangeraient de façon plus équilibrée à la cantine qu’à la maison. Cette moyenne élevée cache en fait de fortes disparités sociales puisque ce taux grimpe à 44 % chez les catégories les plus populaires. La cantine, seul repas complet de la journée pour certains enfants, embrasse à plein un rôle social, d’autant plus en temps de covid. En plus d’être un lieu de « brassage social et culturel », elle a, pour trois parents d’élèves inscrits sur quatre (82 % chez les catégories socio-professionnelles supérieures), un « fort impact »  sur « l’accès pour tous à une alimentation saine, quels que soient les revenus des parents ». Pour les plus défavorisés, rappelons que 12 000 communes éligibles à la DSR « péréquation », soutenues par l’État dans le cadre de la Stratégie nationale de prévention et de lutte contre la précarité, peuvent proposer « la cantine à un euro » . 241 communes seulement avaient lancé la mesure selon un décompte effectué en mai.

20 % de produits bio au menu des cantines en 2022 ?

Pour 73 % des parents, la cantine participe en outre au « développement de l’autonomie chez les enfants »  et remplit les objectifs de « satisfaction quotidienne des besoins nutritionnels des enfants ». La cantine, qui doit depuis 2019 servir un repas végétarien par semaine, est aussi saluée pour son rôle dans « l’éducation au bien manger »  par 67 % des parents. 

Ces derniers se réjouissent d’ailleurs que les réfectoires nouent des « partenariats avec des producteurs locaux », initiative jugée la plus importante (96 % des parents). Des circuits courts gages de qualité mais aussi d’emplois locaux : 60 % des Français soulignent le fort impact de la restauration collective dans le soutien à l’emploi local et 57 % des parents dans le développement des filières agricoles locales et de qualité. 

La restauration collective devra, en ce sens, proposer, à compter du 1er janvier 2022, 50 % de produits dits de qualité (AOP/AOC, label rouge, HVE, produits fermiers) dont au moins 20 % de produits issus de l’agriculture biologique. « Un objectif hors d’atteinte », considéraient toutefois l’an passé associations et syndicats environnementaux, qui regrettaient, Maire info le relayait, que les collectivités soient « laissées livrées à elles-mêmes ». L’enquête de l’AMF sur la restauration scolaire, publiée fin 2020, a montré sur ce point que seules 36 % des communes répondantes estimaient pouvoir respecter ces seuils au 1er janvier 2022.

Des progrès attendus sur l’information sur l’origine des produits

L'étude met enfin en lumière les axes de progression des cantines scolaires. Pour les Français comme pour les parents, elles gagneraient à s'attarder davantage sur « le respect de la saisonnalité des produits », « l’adaptation des plats aux goûts des enfants »  et surtout sur « l’information sur l’origine des produits »  (69 %).

Depuis le 18 avril 2019, les collectivités territoriales, qui le souhaitent, peuvent « rendre obligatoire l'affichage de la nature des produits entrant dans la composition des menus dans les services de restauration collective dont elles ont la charge » . L’expérimentation, prévue par la loi du 30 octobre 2018 pour l'équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine, durable et accessible à tous, se poursuit jusqu'au 30 octobre 2021.

En revanche, les collectivités ont l’obligation, depuis le 1er janvier 2020, d’informer les usagers une fois par an, par voie d’affichage et de communication électronique, de la part des produits de qualité et durables (intégrés dans les seuils de 50 % et 20 % précités) entrant dans la composition des repas servis et des démarches entreprises pour développer des produits issus du commerce équitable. 

*Étude réalisée du 24 au 29 juin auprès de 1 002 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, 770 parents d’enfants scolarisés mangeant à la cantine, méthode des quotas.

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