Selon l'Observatoire national de la précarité énergétique, entre 10 et 15% de la population sont touchés par la précarité énergétique, définie comme « la difficulté à disposer de la fourniture d’énergie nécessaire à la satisfaction de ses besoins élémentaires en raison de l’inadaptation de ses ressources ou de ses conditions d’habitat » par la loi du 12 juillet 2010. Le décalage entre les hausses de revenus et des prix des énergies ne fait qu'accentuer ce phénomène, selon cet Observatoire : ainsi, si le revenu des ménages a augmenté de 6 à 7 % entre 2006 et 2012, les prix de l’énergie ont bondi de 14 à 46 % sur la même période (suivant le type d’énergie et d'abonnement). Les CCAS sont d'ailleurs les premiers à le savoir, puisqu'ils observent une hausse constante des demandes d'aides financières au paiement de factures ou l'apurement de dettes auprès de fournisseurs d'énergie.
On ne dispose pourtant pas de données précises sur les impayés ; mais cela devrait bientôt changer, car un décret imposant aux fournisseurs d'électricité, de gaz et de chaleur de communiquer au médiateur national de l'énergie un état des impayés chaque trimestre a été publié fin février. Pour le médiateur, Jean Gaubert, il s'agit « d'une mesure de transparence indispensable qui vient d’entrer en vigueur, en appui de la trêve hivernale pour l’électricité, le gaz et la chaleur instituée par la loi Brottes dès l’hiver 2014 ». Elle doit permettre de « mesurer précisément la situation de nos concitoyens, en particulier ceux qui ont le plus de mal à régler leurs factures d’électricité, de gaz ou de chaleur, et mieux appréhender les politiques publiques en la matière » estime le médiateur. Jusqu’ici, « les opérateurs refusaient de rendre publiques les données sur leurs interventions pour impayés ».
Les trophées solidaires décernés cette année aux CCAS de Privas, Saint-Étienne et du Havre mettent davantage l'accent sur des actions plus préventives, comme l'auto-réhabilitation de logements (Le Havre) et la sensibilisation pratique aux économies d'énergie (Privas et Saint-Étienne). Autant d'actions à encourager, si l'on en croit l'Observatoire national de la pauvreté et de l'exclusion sociale qui, dans sa lettre de février 2014, consacrée à la question de la précarité énergétique, regrette justement que « les actions de rénovation à portée énergétiques engagées en France ne profitent pas aux ménages les plus pauvres ».
Consulter le site de l'UNCCAS sur les Trophées énergie solidaire.
Télécharger la lettre de février de l'Onpes.

