Près d'un élu de la diversité sur deux victime, dans sa fonction, de propos racistes
74% des élus estiment que les propos à caractère raciste ont augmenté au cours des cinq dernières années, « chiffre sans doute amplifié par la période de réalisation du sondage en plein feu médiatique à la suite des attaques contre Christiane Taubira », précise l'étude.
Le sondage du cabinet Solis montre également que 59% des élus locaux issus de la diversité se considèrent comme des « élus comme les autres », 33% comme des « élus différents », se qualifiant par exemple, d'élu « de terrain », « élu représentatif de sa ville », « élu multiculturel ». Seulement 8% se déclarent comme des « élus issus de l'immigration ».
73% estiment que le gouvernement reflète mal la diversité multiculturelle du pays. En revanche, 60% déclarent que leur conseil municipal reflète la diversité de leur commune. L'immense majorité des élus issus de la diversité (77%) envisage de se présenter pour un nouveau mandat aux municipales de mars mais seuls 14% déclarent qu'ils conduiront leur propre liste. Interrogés sur « les cinq axes de travail prioritaires auxquels les prochaines équipes municipales devront s’atteler rapidement », 31 % des élus placent l’emploi et le développement en tête de ces priorités. Viennent ensuite la jeunesse (12%), l’éducation et l’école (11%), le logement (10 %) et la sécurité (9%).
Le profil type de cet élu est un quadragénaire, né en France ou arrivé très jeune, diplômé de l'enseignement supérieur. 72% sont membres actifs d'au moins une association.
L’enquête a été réalisée par téléphone entre le 18 novembre et le 3 décembre derniers auprès de 223 conseillers municipaux et adjoints aux maires de 92 communes d'Ile-de-France issus de l'immigration extra-européenne ou des DOM. L’étude a été menée en partenariat avec le magazine Le Courrier de l'Atlas et la fondation Open Society.
L'échantillon a été élaboré sur des quotas de sexe, de nuance politique et de département sur la base d'un recensement du Haut conseil de l'intégration, réalisé après les municipales de 2008 grâce à l'analyse des noms et prénoms des élus, les statistiques ethniques étant interdites par la loi.
L'étude du HCI avait montré que les élus extra-européens étaient passés de 1 069 en 2001 à 2 343 en 2008. L'Ile-de-France en comptait un peu plus d'un millier en 2008.

