Exit donc les villes, qui ont pourtant très officiellement protesté contre cette éviction par un communiqué du Gart – les élus des villes n’étant même pas invités à siéger dans le nouveau « conseil consultatif des TET », qui ne comprendra que des élus régionaux, parlementaires et représentants des usagers. Ce que le Gart désignait, le lendemain, par la volonté d’un « entre-soi réducteur et contre-productif » (lire Maire info du 10 juillet). Jean-Luc Rigaut, maire d’Annecy et co-président du groupe de travail mobilités-voirie de l’AMF, s’étonnait alors lui aussi de cet « oubli », d’autant plus que « l’État et les régions savent venir frapper à la porte des villes et des agglomérations quand il s’agit de contribuer au financement des infrastructures de transport ! ».
Les protestations n’y ont rien changé : les travaux vont commencer sous forme d’un dialogue exclusif État-SNCF-régions. Et les inquiétudes exprimées par nombre d’élus locaux ces derniers mois sur un éventuel démantèlement du réseau des TET vont rapidement resurgir : le programme de travail fixé au préfet Philizot consiste, si l’on comprend bien la lettre de mission, à identifier les lignes qui vont pouvoir être fermées, soit parce que « les alternatives existent déjà », soit parce que « des évolutions pourraient rapidement être mises en place sans restructuration importante des offres TER. »
Autre nouveauté dans la lettre de mission du secrétaire d’État – même s’il était évident que cela allait arriver, cela n’avait jusque-là pas été évoqué dans ce débat : on commence à parler des futures lignes d’autocar privées pour remplacer les trains d’équilibre du territoire. C’est ce que l’on lit entre les lignes lorsque Alain Vidalies explique au préfet Philizot : « Vous rechercherez (…) les meilleures articulations entre les offres de chaque mode de transport, afin d’exploiter au mieux les services existants et à venir. Vous intégrerez en particulier les conséquences de la création des lignes d’autocars interurbains. »
Cela fait des mois que les régions craignent que ces « cars Macron » représentent une concurrence frontale pour les TER. On s’aperçoit aujourd’hui qu’ils seront aussi, probablement, l’occasion de fermer à l’avenir des lignes ferroviaires nationales.
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