La LGV Sud-ouest ira jusqu'en Espagne
Baptisé GPSO (Grand projet ferroviaire du sud-ouest), cette double branche – l’une vers Toulouse, l’autre allant à terme vers San Sebastian, au Pays basque espagnol – prolongera la LGV Tours-Bordeaux, actuellement en phase de travaux et qui sera mise en service en 2017.
Le calendrier proposé par le ministre est le suivant : dans une première phase seront créées les deux nouvelles lignes : l’une reliera Bordeaux à Toulouse via Agen et Montauban ; la seconde, toujours depuis Bordeaux, ralliera Dax via Mont-de-Marsan. La première ligne sera inaugurée en 2024, et elle mettra Toulouse à 3h10 de Paris, pour un coût estimé à 5,9 milliards d’euros. La seconde permettra de faire Paris-Bayonne en 3h25, pour un investissement de quelque 3,2 milliards d’euros.
Lors d’une deuxième phase, la ligne de Dax sera prolongée vers l’Espagne « avec l’objectif d’une mise en service au plus tard en 2032 ». Ce prolongement, selon le ministre, est « d’un intérêt certain dans le cadre du développement du réseau trans-européen de transport et des échanges avec la péninsule ibérique le long de la façade atlantique, à l'horizon de saturation de la ligne existante ». Il restera maintenant à convaincre les élus locaux de cet « intérêt certain » : plusieurs d’entre eux jugent ce prolongement de la LGV vers l’Espagne inutilement coûteux, et prônent une simple rénovation de la ligne existante. À l’inverse, d’autres collectivités ont dénoncé le report de ce prolongement après 2030, jugeant qu’il y a urgence à agir.
Frédéric Cuvillier a tranché. Mais le débat n’est pas terminé pour autant : alors que 57 collectivités locales avaient signé en 2009 le protocole d’accord de financement du GPSO, certaines parlent de remettre en cause cet accord – soit parce qu’elles sont défavorables au prolongement vers l’Espagne, soit parce qu’elles estiment qu’il ne va pas assez vite. Le ministre s’est donné « une année » pour « arrêter le tour de table avec les collectivités ».

