L’AMF a officiellement pris position dans ce débat hier, par le biais d’une lettre envoyée par son président, François Baroin, et son premier vice-président délégué, André Laignel, au ministre de l’Intérieur. Ils souhaitent en effet relayer la « crainte exprimée par de nombreux maires » de voir « un transfert de responsabilité de l’État vers les maires dans le domaine de la sécurité ». L’AMF rappelle qu’elle n’est aucunement opposée au renforcement de la sécurité et à la modernisation de l’équipement des policiers municipaux, bien au contraire : c’est elle qui avait travaillé de concert avec le ministère de l’Intérieur en janvier 2015 , ce qui avait conduit à la fourniture par l’État de 4 000 revolvers aux policiers municipaux, au cofinancement de gilets pare-balles et de moyens de communication interopérables (lire Maire info du 27 janvier 2015). L’AMF demande d’ailleurs aujourd’hui que ces mesures soient « pérennisées ».
Pour autant, rappellent François Baroin et André Laignel, les maires ne peuvent contribuer à la sécurité et à l’ordre public que « dans la limite de leurs compétences », « aux côtés de l’État », mais sans se substituer à lui. Il reste « fondamental », pour les dirigeants de l’association, que « l’État assure sa mission régalienne de sécurité et mobilise les effectifs nécessaires à la protection des populations, que ce soit lors des festivals, des concerts ou sur les plages ». Les maires, eux, attendent de l’État qu’il « communique avec eux plus étroitement sur l’état de la menace connue et les risques potentiels », et qu’il « les accompagne et les conseille dans la posture de sécurité la plus adaptée ».
Les responsables de l’AMF en profitent pour poser à Bernard Cazeneuve la question de la sécurité spécifique des maires et des mairies. « Les actes terroristes visant notamment à toucher les symboles de notre République, les maires, en tant qu’agents de l’État, mériteraient une attention spécifique et l’adaptation de notre droit pour une meilleure sécurisation des mairies pourrait être envisagée ».
Rappelant encore une fois « la détermination » des maires à « agir concrètement et résolument » dans la prévention de la radicalisation, les responsables de l’AMF demandent à Bernard Cazeneuve « toutes les garanties sur la poursuite de l’implication des forces de l’État » et souhaitent en savoir plus sur « les modalités de coopération entre les préfets et les maires » dans ce contexte exceptionnel.

