Lancée il y a un an presque jour pour jour, la PSQ se veut « une police sur mesure qui s’adapte aux attentes de la population et aux besoins des territoires », a expliqué le ministre. Les premiers résultats en seraient déjà « visibles », avec « une baisse très significative en 2018 de tous les vols ». Au bilan, la mise en place de la PSQ se traduit aujourd’hui par « un renforcement de la présence de la police et de la gendarmerie », « quinze quartiers de reconquête républicaine bénéficiant chacun de 10 à 30 personnels supplémentaires », une prise de contact de la police avec les habitants « facilitée ».
Au passage, le ministre a également dressé le bilan des premières applications de la loi réprimant les rodéos motorisés : « 750 procédures ont été établies » depuis le mois d’août dernier.
« Ambition partenariale »
Selon Christophe Castaner, la PSQ s’inscrit dans une « ambition partenariale » avec un lien « renouvelé » entre État et collectivités territoriales. « Chaque élu » dispose désormais d’un « référent sécurité identifié » au sein des forces de l’ordre nationales, les « patrouilles conjointes » avec les polices municipales ont été renforcées, une expérimentation est en cours, dans « onze villes », pour tester l’accès direct de la police municipale au fichier des permis de conduire et des immatriculations. Enfin, le ministre se réjouit d’une « large concertation » sur les mesures proposées par les députés Fauvergue et Thourot sur le « continuum de sécurité » (lire Maire info du 12 septembre 2018).
Lors de la réunion du Bureau de l’AMF, hier (lire article ci-dessus), l’ambiance n’était pas, sur ce sujet, tout à fait la même. Plusieurs élus – de toutes tendances politiques – se sont exprimés avec force pour dénoncer le fait qu’à travers sa politique de sécurité « locale », le gouvernement cherche à reporter sur les maires des responsabilités qui ne sont pas les leurs, afin de pouvoir réaliser des économies sur le budget de l’État. « Il faut encore et toujours rappeler que les maires sont chargés de veiller à la tranquillité publique, et pas à la sécurité publique », résume Michel Vergnier, maire de Guéret et trésorier général de l’AMF. Les membres du Bureau de l’AMF, au-delà de leur diversité politique ou « philosophique », s’accordent tous à réaffirmer que le maire doit pouvoir choisir librement, dans le cadre de la libre administration des collectivités locales, sa politique en la matière. Le Bureau de l’AMF a également exprimé son rejet de « l’architecture même » du rapport Fauvergue-Thourot. Rappelons que celui-ci prône notamment le caractère obligatoire de l’armement des polices municipales ou la création à marche forcée de polices intercommunales.

