Les habitants les plus aisés quittent les quartiers prioritaires de la ville, selon un rapport
« Dans les quartiers, il y a un effet de sas permanent. Ceux qui restent sont [les] plus précaires », a résumé Sébastien Jallet, commissaire général délégué du Commissariat général à l'égalité des territoires (CGET), qui s'exprimait à l'occasion de la publication de ce rapport sur « la mobilité résidentielle des habitants des quartiers prioritaires ».
Dans ces 1 500 quartiers, où vivent quelque 5,6 millions d'habitants, un résident sur dix a déménagé entre 2015 et 2016, selon des données de l'Insee. Une mobilité comparable à celle des habitants des autres quartiers pour lesquels entre 10 % et 12 % d’entre eux déménagent, chaque année, mais les revenus des nouveaux arrivants des QPV sont inférieurs à ceux des sortants, surtout dans les quartiers éloignés du centre. En somme, dans ces quartiers, il y a « une arrivée de ménages plus pauvres et un départ de ménages plus aisés », résument les auteurs du rapport, le revenu mensuel des entrants s’élèvant à 948 euros en moyenne et celui des sortants à 1 060 euros.
Ainsi, les ménages qui s’installent dans ces quartiers acceptent cette localisation car « le coût du logement y est compatible avec leurs revenus généralement bas ou très bas » et du fait notamment de la présence de logements sociaux.
En revanche, cette tendance ne se confirme pas chez les jeunes : les arrivants âgés de 19 à 45 ans, attirés par les prix avantageux de l'immobilier, ont des revenus supérieurs aux jeunes déjà installés.
Les habitants qui souhaitent déménager évoquent avant tout « la taille des logements [trop petits], les questions liées à l'insécurité et à l'absence d'établissements scolaires correspondant à leurs attentes », a détaillé Jean-François Cordet, président du comité de l'ONPV. Dans le détail, 44 % des personnes interrogées déclarent vouloir ainsi déménager à cause notamment d’un logement trop petit et 22 % évoquent comme motif l’insécurité ressentie dans le quartier.
Le rapport, qui agrège les résultats de sept analyses menées partout en France, précise que 60 % des résidents des QPV qui déménagent quittent les quartiers prioritaires. « Parmi ceux restant dans un quartier prioritaire, deux tiers continuent d’habiter leur quartier, un tiers déménageant dans un autre QPV », précisent les auteurs du rapport.
A noter que ceux-ci ont constaté une légère amélioration de la situation dans ces quartiers en termes de chômage puisque celui-ci y a reflué de 26,7 % à 25,3 %, entre 2014 et 2016.
Les bases de données de l’ONPV ont été remises au ministre de la Cohésion des territoires et ont servi de base à la feuille de route de la politique de la ville qui sera annoncée lundi.
Le budget spécifique de la politique de la ville va augmenter de 84 millions d'euros (+20 %) dans le projet de loi de finances 2019, selon une source proche du ministère de la Cohésion des Territoires. (avec AFP)
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