L’un des deux textes (proposition de loi organique) concerne les candidats aux élections présidentielle, législatives et sénatoriales ; le second (proposition de loi ordinaire) s’adresse aux candidats aux élections locales – municipales, départementales et régionales.
Dans tous les cas, si le texte est adopté, il faudra que les candidats présentent un casier judiciaire n°2 vierge. Ce qui est déjà, a rappelé la rapporteure du texte, Fanny Dombre Coste, sur LCP, une obligation pour de très nombreuses professions (fonctionnaires, médecins…), ne l’est pas encore pour les élus, « alors que la plupart de nos concitoyens pensent le contraire ».
Le champ d’application des textes proposés comprend tous les crimes (meurtre, assassinat, viol…), les manquements à la probité (trafic d’influence, corruption, prise illégale d’intérêts, concussion…), les fraudes électorales et fiscales , les délits de recel et de blanchiment. En revanche, précise Fanny Dombre Coste, « les infractions bénignes comme les contraventions » ne sont pas concernées.
Point important précisé par la députée : les auteurs du texte ont voulu restreindre sa portée aux faits dont le caractère « intentionnel » a été reconnu. Il s’agit là de ne pas pénaliser les maires qui peuvent être poursuivis ou condamnés « pour des accidents qui arrivent dans leur commune ».
Dans l’exposé des motifs, les auteurs du texte jugent que « notre démocratie a besoin d’un changement de paradigme radical », passant par « le combat contre des pratiques anciennes dommageables installées dans le paysage politique, à rebours des intérêts de ce monde politique ». L’application de ce texte permettrait selon eux « d’en finir avec le leitmotiv ‘’tous pourris’’ » : « Nous ne pouvons plus laisser prospérer de doutes sur l’intégrité des responsables publics. La collectivité publique a le droit et le devoir de contrôler la probité de ses responsables, tout comme elle en contrôle désormais l’enrichissement. »
Même s’il était adopté dans les délais très contraints qui restent – ce qui est peu probable car il est prévu deux lectures et le Parlement ferme fin février pour cause de campagne électorale – il ne s’appliquerait pas aux élections législatives de juin prochain.

