Car il y a urgence. Le logement locatif social ne représente dans ce département que 9% des résidences principales (17% au plan national). 68 communes sur 153 ont un taux inférieur à 5% et dans 34 d’entre elles, il est de…0%.
Sur les 31 communes devant porter à 25% d’ici à 2025 (loi Duflot du 18 janvier 2013) la proportion de logements sociaux sur leur territoire, 16 versent des pénalités « de carence ». « Sept millions d’euros sont payés par an dans le Var qui pourraient être utilisés dans le logement social », a relevé le préfet.
Le coût du foncier est le principal frein. Il a été multiplié par deux en 10 ans… et ne recule pas. Il est de 250 à 600 euros le m². Il faut aussi ajouter le prix de la construction (+24% par rapport à Midi-Pyrénées, par exemple) et les réticences d’élus à engager des programmes immobiliers sociaux. « Le logement social ne doit plus faire peur », a lancé le président de l’association des maires du Var, Jean-Pierre Véran.
En 2012, une amélioration a toutefois été enregistrée avec 1 700 logements financés. Mais il en faudrait 4 000 par an. C’est l’objectif fixé par ces assises auxquelles peu de maires ont personnellement assisté. « C’est un challenge pour tous, car c’est un problème majeur » qui doit être traité au sein des EPCI, estime Jean-Pierre Véran.
Mais, comme le rappellent certains élus, les réalités locales sont souvent contraignantes. « Notre commune est un piton rocheux sur un océan de vignes. Comment concilier cette réalité et cette économie rurale tout en respectant la loi SRU ? Nous avons investi pour éviter des pénalités, mais aujourd’hui nous sommes au bout de tous nos efforts », assure ainsi René Jourdan, maire de La Cadière-d’Azur, qui comptait 3,4% de logements sociaux en 2011 et atteindrait aujourd’hui les 5%. Une solution, selon lui, serait un traitement du logement social à l’échelle d’un bassin de vie.

