Ouvrages orphelins
L’urgence est donc au diagnostic de l’ensemble de ces ouvrages, dont la charge ne peut être imputée aux seules communes, déjà asphyxiées financièrement. D’autant que la question de leur domanialité n’est pas toujours résolue, comme a pu le souligner Christophe Ferrari, maire de Pont-de-Claix (38) et président de la métropole grenobloise, qui s’exprimait au nom de l’AMF. C’est la question des « ouvrages orphelins », qui sont aussi, parfois, des ouvrages en péril. Or, avant le drame gênois, « il était très difficile d’obtenir des mesures de restriction voire d’interdiction de circulation, malgré des enjeux de sécurité importants », d’après Christophe Ferrari.
Un travail considérable de cartographie est également à engager, avec un nécessaire « nouveau soutien financier de l’Etat, en particulier pour rattraper le retard de connaissances ». Un soutien qui pourrait prendre la forme d’une enveloppe additionnelle dans le cadre des fonds de soutien à l’investissement local, ou – suggestion de Christophe Ferrari – via les investissements de transport prévus par la future Loi d’orientation sur les mobilités (LOM). Les besoins en expertise – notamment en ingénierie – sont tout aussi importants : l’idée d’un « coffre-fort » national, sur le modèle du SIG (système d'information géographique), a été évoquée à plusieurs reprises.
L’ensemble des associations d’élus plaident pour que le Cerema (re)joue pleinement son rôle de coordinateur d’ingénierie territoriale, et soit désigné comme centre de ressources au niveau national – avec l’IDDRIM (Institut des routes, des rues et des infrastructures pour la mobilité) pour les questions de maintenance. Des attentes entendues par le sénateur de Vendée et rapporteur de la LOM, Didier Mandelli, et qui pourraient trouver une traduction dans le texte final.
Mais si les élus reconnaissent leurs besoins en expertise, certains n’acceptent pas qu’on leur impose les diagnostics de prestataires privés (bureaux d’études, etc.) « spécialistes en tout, sauf en béton armé », d’après le sénateur des Ardennes Benoît Huré, estimant que ces coûts ne devraient pas excéder ceux liés aux travaux publics. « Les maires ne sont pas ingénieurs, mais ils ne sont pas forcément idiots ! ».
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