Municipales : l'abstention et le Front national, grands « gagnants » du 1er tour
Les électeurs ont été très nombreux hier à bouder les urnes, le taux d’abstention ayant atteint un niveau jamais vu au premier tour des municipales avec plus de 38%. A une heure du matin, le taux d'abstention calculé par le ministère de l'Intérieur sur plus de 22,5 millions de bulletins dépouillés s'élevait en métropole à 38,62%. Lors des élections municipales de 2008, l'abstention avait déjà atteint un record historique, à 33,46% avec une participation de 66,54% au premier tour, et à 34,80% au second tour (participation de 65,20%).
La forte abstention d’hier constitue, à l’évidence, une nouvelle marque de la désillusion des électeurs à l'égard de la classe politique. Plusieurs études pointaient depuis quelque temps déjà ce phénomène, dont l’une des plus récentes, réalisée en janvier par le Cevipof, soulignait « la méfiance » et pire, « le dégoût » des Français quand ils pensent à la politique. Selon cette même enquête, 87 % des personnes interrogées estimaient que les responsables politiques ne « se préoccupaient que peu ou pas du tout » de l’avis des Français (lire Maire info du 14 janvier).
L’autre élément marquant du scrutin d’hier est la très forte percée du Front national qui enlève notamment la mairie d’Hénin-Beaumont dans le Pas-de-Calais dès le premier tour. Le Front national arrive par ailleurs en tête dans plusieurs grandes villes du sud de la France. C’est le cas à Perpignan, où Louis Aliot arrive en tête avec 34,20 % des voix, à Béziers où l’ancien président de Reporters sans frontières, Robert Ménard, engrange 44,88 % des voix, à Fréjus où le candidat du FN obtient 40 % des suffrages exprimés face au maire sortant Elie Brun qui n’en recueille qu’un peu plus de 17 % ou encore à Avignon où le Front national fait jeu égal avec le Parti socialiste. Dans le Gard, le député Gilbert Collard obtient près de 43 % des suffrages.

