Rejet de la proposition de loi Bertrand sur les rythmes scolaires
Après une discussion générale parfois passionnée, une motion de rejet préalable du texte, déposée par les socialistes, a été adoptée par 105 voix contre 72.
L'UMP a dénoncé le recours à une telle procédure empêchant le débat sur les différents articles du texte, Xavier Bertrand protestant contre un « déni de démocratie » et « une première à l'égard d'un texte de l'opposition depuis 18 mois ».
Présentant son texte comme « une sortie par le haut » offerte au gouvernement, le député-maire UMP de Saint-Quentin (Aisne) a assuré qu'il n'imposait « pas un retour à la semaine de quatre jours ».
Les élus UMP, soutenus par l'UDI, se sont livrés à un réquisitoire contre une réforme des rythmes scolaires « impopulaire », « inapplicable », « tournant au fiasco », coûteuse pour les communes, ou contre un ministre de l'Éducation « isolé dans ses certitudes » et son « obstination ». Et pour l'UMP Frédéric Reiss, la reconduction du fonds pour aider les communes à amorcer la réforme ressemble « fortement » à de l'électoralisme.
Le ministre de l'Éducation Vincent Peillon et la gauche ont fait bloc pour défendre la réforme actuelle sur les quatre jours et demi « dans l'intérêt de l'enfant », critiquant une volonté de l'UMP de « municipaliser l'Éducation nationale » et d' « une école consumériste », mais aussi un texte au service « d'intérêts préélectoraux » et mettant « de l'huile sur le feu ».
« Nous ne confondons pas unité de la République et uniformité et nous donnons plus de liberté aux maires », a notamment argué Vincent Peillon, ajoutant que le temps périscolaire relève des collectivités et vantant « une association jamais vue entre élus, Éducation nationale, mouvements d'éducation populaire ».
La gauche a aussi opposé à la droite les récents mauvais résultats pour la France de l'enquête Pisa (lire Maire info du 4 décembre), y voyant, à l'instar du radical de gauche Thierry Braillard, la preuve d'« un échec patent de la politique menée par l'UMP ».
Opposée au texte UMP, la communiste Marie-George Buffet a cependant invité le ministre à « entendre les problèmes et exigences » liées à la réforme et à donner « des moyens et du temps », en référence à la grève. Considérant enfin que « les difficultés de certaines communes ne doivent pas être occultées », l'écologiste Barbara Pompili a demandé la pérennisation du fonds d'amorçage.
Sur ce sujet, rappelons que l’Association des maires de France a réalisé, à l’occasion du congrès des maires et des présidents de communautés, une enquête dressant le bilan de la réforme dans les quelque 4 000 communes qui l’ont appliquée dès cette rentrée 2013. (Avec AFP)
Télécharger l’étude de l’AMF.

