Le projet de loi sur la démocratie environnementale adopté au Sénat
Ce projet de loi précise les dispositions de l’article 7 de la Charte de l’environnement, qui a mis dans la Constitution le principe suivant : « Toute personne a le droit, dans les conditions et les limites définies par la loi, d'accéder aux informations relatives à l'environnement détenues par les autorités publiques et de participer à l'élaboration des décisions publiques ayant une incidence sur l'environnement. »
En juillet dernier, le Conseil constitutionnel avait censuré les dispositifs de participation du public aux décisions environnementales, les estimant largement insuffisants et exigeant, a rappelé la ministre de l’Ecologie Delphine Batho devant les sénateurs, « qu’il y soit remédié d’urgence ». Cette urgence, a toutefois précisé la ministre, « est une contrainte bien réelle mais aussi une chance d’accomplir ensemble un nouveau progrès dans la démocratie environnementale ».
Le projet de loi permet donc de remédier à ces insuffisances. Il fixe notamment les modalités de participation du public à l’élaboration des décisions réglementaires de l’État, principalement par voie électronique. Les textes seront mis à disposition du public pendant quinze jours sur internet, puis « une synthèse écrite des observations du public devra être effectuée par l’autorité dont émane le projet ».
Les mêmes règles seront établies pour les projets des collectivités locales. La ministre a toutefois voulu rassurer les maires en précisant que « les règles qui concerneront les collectivités ne seront en aucun cas plus lourdes que celles qui s’imposent à l’État ». Elle souhaite également « adapter » les procédures au cas des petites communes rurales où une consultation par internet n’est pas forcément possible, « tous les habitants n’étant pas encore connectés au réseau haut débit ». Dans ce cas, « une forme de réunion publique locale serait mieux adaptée ».
Ce dernier élément ne figure pas dans le projet de loi, mais fera l’objet d’une ordonnance. « À une transcription législative précipitée, j’ai préféré un travail dans la concertation débouchant sur une ordonnance », a précisé Delphine Batho. Cette question fera l’objet d’un débat lors des « états généraux de la modernisation du droit à l’environnement » qui seront organisés, a-t-elle confirmé, « au printemps prochain ».
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