Éco-emballages veut « remobiliser les consommateurs »
Les chiffres révélés par cette enquête sont intéressants : ils permettent de mettre en lumière les différences de pratique en fonction de l’habitat, de l’âge, du profil socio-économique. On apprend dans l’enquête que 87 % des Français trient, mais que moins d’un sur deux (44 %) le font « de manière systématique ». à l’inverse des idées reçues, ce sont les plus âgés et les ruraux qui trient le plus : 55 % des plus de 50 ans trient systématiquement, et 51 % des habitants de zones rurales. Si 13 % de la population ne trie jamais, ce chiffre monte à 25 % pour les habitants de logements sociaux, et à 18 % pour les très jeunes (15-24 ans). On apprend également que les célibataires trient plus que les couples sans enfants, mais moins que les parents avec enfants au foyer.
Au-delà de la photographie des gestes de tri, Éco-emballages a cherché à comprendre quels sont les freins à ces pratiques. Pour l’organisme, la réponse est double : les deux leviers à actionner pour améliorer la situation sont « l’information et la qualité de l’accès au dispositif ». Les Français interrogés émettent des doutes sur le fait que le tri conduise systématiquement à un recyclage – 53 % affirment qu’ils trieraient plus s’ils avaient la certitude que l’emballage sera recyclé. L’idée de voir des consignes de tri imprimées sur « tous les emballages » est plébiscitée (87 % des personnes interrogées y sont favorables).
L’autre levier est donc la qualité de l’accès au dispositif : comme l’explique Éric Brac de la Perrière dans la presse, il est plus facile de trier lorsque l’on a un accès facile aux containers que lorsqu’il faut descendre dans un deuxième sous-sol mal éclairé et malodorant. Le simple critère de la propreté du local poubelle est déterminant, puisqu’il modifie le comportement de tri presque du simple au double : 44% des personnes interrogées trient lorsque le local poubelle est propre, et seulement 27 % lorsqu’il est sale.
Éco-emballages estime qu’il peut au moins agir sur le premier levier, c’est-à-dire l’information. L’organisme va lancer dès cette semaine une grande campagne d’information pour expliquer aux citoyens « ce qu’il se passe après le geste de tri ». Avec une idée originale : des « traceurs » GPS ont été placés sur cinq emballages (bouteille en verre, en plastique, canette, etc.), de façon à montrer leur parcours du geste de tri à l’usine de recyclage. Ce « tracking » a permis de réaliser cinq petits films, qui seront présentés à partir du 25 juin sur le site d’Éco-emballages.
Cette campagne s’inscrit dans le « plan de relance du recyclage » lancé l’an dernier par Éco-emballages, avec le soutien des associations d’élus, dont l’AMF. Ce plan a été déclenché suite au constat de fortes disparités entre les territoires (« certaines zones, dit le rapport annuel d’Éco-emballages, trient à plus de 65 kg/an/habitants, quand ailleurs on plafonne à 15 kg » ). Il comprend un volet d’actions ciblées dans les zones à faibles performances, des travaux pour étendre le tri à tous les plastiques, et une campagne de communication pour « remobiliser les consommateurs », campagne qui prend forme aujourd’hui.
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