Le gouvernement annonce qu'il réalisera finalement les 21 milliards d'économies
Le déficit public atteindra 4,4% du PIB en 2014 et 4,3% en 2015, après 4,2% en 2013, a-t-il annoncé lors d'une conférence de presse. Le ministre a précisé que le déficit ne passera sous le seuil de 3%, maximum européen qu'en 2017, au lieu de 2015, comme promis à la Commission européenne.
La France avait déjà demandé par deux fois de remettre à plus tard cet engagement, sous la présidence de Nicolas Sarkozy puis sous celle de François Hollande. Le gouvernement tablait initialement sur un déficit public ramené à 3,8% du PIB cette année et chutant à 3% l'an prochain.
Mais ce scénario est perturbé par ce que Michel Sapin a qualifié de « situation exceptionnelle » de l'économie en zone euro, « marquée par un croissance très faible cumulée avec un ralentissement de l'inflation que personne n'avait anticipé », selon lui.
En employant les mots de « situation exceptionnelle », terminologie qui selon les traités européens permet de déroger aux objectifs budgétaires, le ministre a adressé un message implicite à la Commission européenne, gardienne de la discipline budgétaire.
Il a toutefois précisé que sa position était « claire » : « Nous ne demandons pas la modification des règles européennes, nous ne demandons pas leur suspension, ni aucune exception ». Le ministre a également corrigé ses prévisions de croissance pour la France : à 0,4% cette année puis 1% l'an prochain. A la mi-août, il annonçait une croissance de 0,5 % pour 2014.
Michel Sapin a également annoncé que la faible inflation, qui pèse sur les comptes publics en réduisant les recettes et en neutralisant certains efforts d'économies, devrait perdurer en France, avec un taux prévu à 0,5% en 2014 puis 0,9% en 2015.
Par ailleurs, il a confirmé que le projet de budget pour 2015 serait présenté en Conseil des ministres le 1er octobre, soit une semaine plus tard que prévu (lire Maire info de lundi).
(AFP)

