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Édition du vendredi 19 juin 2026
Énergie

Extinction de l'éclairage public la nuit : une pratique adoptée par 73 % des communes entre 2024 et 2025

Le Cerema vient de mettre à jour ses données concernant les pratiques d'extinction nocturne des communes françaises sur la période de juillet 2024 à juin 2025. 73 % des communes étudiées pratiquent désormais une extinction totale ou partielle de l'éclairage public en cœur de nuit.

Par Lucile Bonnin

Le Cerema vient d’actualiser sa cartographie des communes françaises qui éteignent tout ou partie de leur éclairage public pendant la nuit grâce à des données satellitaires. Il est précisé que cette carte ne prend en compte que l’éclairage entre 2 heures et 4 heures du matin et que « de nombreuses petites communes sont non étudiées car trop peu lumineuses pour être détectées par satellite à cette échelle. » 

Sur les 22 773 communes analysées, 73 % pratiquent désormais soit une extinction totale, soit une extinction partielle de l'éclairage public pendant le cœur de nuit.

Stabilisation après le choc énergétique de 2022

Entre juillet 2024 et juin 2025, les communes ont continué à mettre en place des mesures d’extinction de l’éclairage public la nuit mais de manière beaucoup plus modérée qu’après la crise énergétique de 2022 liée à l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Environ 30 % des extinctions totales recensées ont été mises en place durant cette crise énergétique de l'automne 2022.

Au total, 131 collectivités supplémentaires ont mis en place une extinction en cœur de nuit entre 2024 et 2025 contre plus de 2 000 l'année précédente. Depuis 2014, le Cerema recense 12 539 extinctions totales, 4 031 extinctions partielles, 459 abandons de l’extinction, et 856 extensions de l’éclairage.

Dans le même temps, 160 communes ont rétabli l'éclairage nocturne. Le Cerema estime que cette « pratique de retour à l’éclairage nocturne demeure contenue ». « Cette décélération de l’implication de nouvelles communes à éteindre l’éclairage en cœur de nuit peut s’interpréter d’une part par une relative baisse du coût de l’énergie liée à la période du choc des prix de l’énergie suite au démarrage du conflit russo-ukrainien ; d’autre part par le déploiement de systèmes dits "intelligents" (rénovation, abaissements, télégestion, détection de présence, etc.). » 

Mais il faut rappeler, comme le fait le Cerema, que ces observations sont « antérieures à la période de campagne des élections municipales 2026 »  et « antérieures au choc énergétique mondial lié au conflit débuté en février 2026 au Moyen-Orient et impactant le prix de l’énergie ». L'arrivée de nouvelles équipes municipales va peut-être influencer la proportion d’extinction des lumières la nuit. D’un autre côté, l'expérience de la crise énergétique de 2022 suggère qu'une nouvelle augmentation des coûts de l'énergie pourrait favoriser l'adoption par les communes de l'extinction partielle ou totale de l'éclairage public en cœur de nuit.

Extinction ciblée au sein d’une commune 

Pour la première fois, le Cerema propose dans sa cartographie une analyse « à l’échelle infra-communale, ce qui permet de distinguer les pratiques par quartier à l’échelle de chaque commune. » 

Cette approche permet « de distinguer différentes pratiques selon les quartiers »  : les centres-villes et de nombreuses zones commerciales en périphérie des villes restent plus fréquemment éclairés la nuit. À l’inverse, les zones résidentielles ou périphériques sont davantage concernées par l’extinction.

Ces données mettent en évidence une logique de « zonage de l’éclairage public » , où les collectivités adaptent l’éclairage selon les usages plutôt que d’appliquer une règle unique à toute la commune. Cette question est d’autant plus importante qu'au niveau local, la modulation ou extinction de l’éclairage public « est parfois redoutée » « pour des raisons variées ». « Pour aboutir, elle doit donc prendre en compte les usages, besoins et aspirations, afin de trouver le bon compromis entre service public, facture énergétique, préservation de la biodiversité et du ciel nocturne », rappelle le Cerema dans un guide dédié à la concertation et la co-construction de cette politique publique. « Une réflexion renouvelée sur la conception de l’éclairage peut être une opportunité pour identifier ces zones », rappelle enfin le Cerema.

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