Maire-info
Le quotidien d’information des élus locaux

Édition du jeudi 27 mars 2025
Santé publique

Épidémie de chikungunya à La Réunion : les cas augmentent de manière inquiétante

Selon les chiffres de Santé publique France, depuis le 23 août 2024, 8 749 cas de chikungunya ont été recensés à La Réunion dont 8 600 en 2025. La semaine dernière, deux personnes sont décédées. La préfecture appelle à la mobilisation de l'ensemble des acteurs et de la population.

Par Lucile Bonnin

« Depuis le 14 mars 2025, La Réunion est en épidémie de moyenne intensité de chikungunya », alerte l’Agence Régionale de Santé de la Réunion. Les communes du Sud et de l’Ouest de l’île sont les plus touchées. Cependant, selon Santé publique France, « l’épidémie est maintenant généralisée à la totalité de l’île et progresse partout. » 

La semaine dernière, deux personnes de 86 et 96 ans sont décédées des suites du chikungunya. « L’attribution de la cause des décès au chikungunya fait l’objet d’une analyse au sein d’une commission d’investigation, associant le médecin traitant, des infectiologues du CHU et de Santé Publique France » , indique la préfecture dans un communiqué de presse.

Le chikungunya fait partie des « arboviroses », c'est-à-dire des maladies dues à un virus transmis par les insectes. Ces maladies sont très nombreuses, allant de la fièvre jaune à l’encéphalite, au paludisme ou à la dengue et sont très répandues notamment dans les zones tropicales, particulièrement favorables à la prolifération des insectes. Ces maladies, à cause du changement climatique, se développent même à présent dans les zones tempérées (lire Maire info du 13 septembre). 

Fièvre, maux de tête, douleurs articulaires et/ou musculaires, nausées/vomissements, plaques ou boutons rouges sur la peau, fatigue, irritations, douleurs des yeux, conjonctivite : la durée des symptômes est variable de quelques jours à plusieurs mois.

Une augmentation fulgurante du nombre de cas 

Le préfet de la Réunion indique dans un communiqué de presse que depuis le 14 mars dernier, le niveau 4 du plan Orsec a été déclenché, correspondant à une « épidémie de moyenne intensité » : « Depuis le 23 août 2024, plus de 8 500 cas autochtones ont été recensés et 24 personnes ont été hospitalisées, dont trois cas sévères recensés. » 

 L’épidémie s’est accélérée ces dernières semaines. L’ARS confirme la généralisation annonce que 4 156 nouveaux cas ont été détectés en une semaine (entre le 10 au 16 mars), soit une hausse 16 % par rapport à la semaine précédente. « L’activité dans les services d’urgences est en hausse passant de 78 passages la semaine précédente à 128 durant la semaine du 10 au 16 mars. » 

Selon Xavier Deparis, directeur de la veille et de la sécurité sanitaire à l’ARS de La Réunion, interrogé par Réunion La 1ère, « on sait que lorsqu’il y a un cas confirmé, on peut avoir deux, trois, voire quatre fois plus de cas déclarés en réalité » . Il assure toutefois que la situation n’est pas aussi grave qu’il y a vingt ans : « On approchera du pic courant avril, mais nous n’aurons pas de pic à 50 000 cas par semaine, comme cela avait été le cas en 2005. »  165 000 personnes avaient alors été touchées par l'épidémie soit près de 40 % de la population.

40 000 doses de vaccin fournies à partir de début avril

La préfecture annonce ce jour que 150 agents de lutte antivectorielle de l’ARS, complétés des effectifs des communes, seront mobilisés au quotidien pour mener des interventions de démoustication, indispensables contre la prolifération de moustiques. « L’implication des communes et intercommunalités est essentielle pour soutenir ces actions » , peut-on lire dans le communiqué qui encourage aussi la population « à mettre en œuvre les gestes de prévention. »  Il faut, dans ces cas, porter une attention toute particulière aux endroits où l'eau peut stagner – favorables à la prolifération des larves de moustique. Les récipients, pots, couvercles abandonnés doivent être ramassés ou vidés. Les élus, quant à eux, doivent notamment porter une attention partucilière aux encombrants, pneus, épaves de voiture abandonnés... 

La préfecture a également annoncé que, conformément à l’avis du 14 mars de la Haute Autorité de Santé, le vaccin Ixchiq sera utilisé en priorité pour les personnes âgées de plus de 65 ans, celles ayant des comorbidités et les personnes de plus de 18 ans avec comorbidités. Une livraison de 40 000 doses de vaccins contre le chikungunya devrait intervenir début avril. Ces doses seront fournies par le groupe pharmaceutique franco-autrichien Valneva et seront prises en charge par les autorités sanitaires.

La stratégie vaccinale et les modalités de mise en œuvre de l’acte vaccinal vont être détaillées aux professionnels de santé ce soir à l’occasion d’un webinar organisé par l’ARS et Santé publique France, avec l’intervention du Laboratoire Valneva.

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