Édition du mercredi 2 décembre 2009


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Fadela Amara souhaite réduire le nombre de zones urbaines sensibles (ZUS) pour se concentrer sur les quartiers les plus défavorisés

Mise en cause pour les résultats de sa politique de la ville, Fadela Amara fait front avec le soutien de son nouveau ministre de tutelle, Xavier Darcos, mais la gauche dénonce un échec. Quatre ans après les émeutes en banlieue, et près de deux ans après le lancement du plan Espoir banlieues, la situation est toujours aussi explosive aux yeux de nombreux élus et associations. Consciente des critiques, la secrétaire d'Etat à la Ville multiplie les déplacements en banlieue avec le renfort du ministre du Travail, Xavier Darcos, qui semble vouloir sauver cette ministre d'«ouverture» venue de la gauche. Tous deux devaient se rendre ce mercredi à Garges-lès-Gonesse (Val-d'Oise). La secrétaire d'Etat souhaite désormais réduire le nombre de zones urbaines sensibles (ZUS), actuellement au nombre de 751, pour se concentrer sur les quartiers les plus défavorisés. Fadela Amara estime qu'il lui faut davantage de moyens à concentrer sur les zones les plus en difficulté et déplore le manque de coopération de certains ministères. Privée de moyens financiers, la secrétaire d'Etat dépend en effet de l'ensemble des administrations concernées, ce qui fait dire à ses détracteurs qu'elle occupe surtout une fonction symbolique. «C'est un ministère de la parole», a récemment lancé Faouzi Lamdaoui, ancien secrétaire national du PS à l'égalité. «L'argent qui est investi dans nos quartiers permet d'obtenir des résultats qui sont encourageants même si je pense qu'il faut aller encore plus loin», a rétorqué mardi Fadela Amara sur Europe 1, pour qui «les résultats sont là». Mais la publication la veille d'un rapport de l'Observatoire national des zones urbaines sensibles, agence du ministère de la Ville, sur la politique menée depuis 2003, a ravivé les critiques (voir ci-dessous nos informations du 1er décembre). Si la rénovation urbaine prévue par le plan Borloo a progressé, améliorant le cadre de vie par endroits, l'écart entre les quartiers dits «sensibles» en France et le reste du pays s'accroît en matière de pauvreté, de chômage et d'échec scolaire, dit ce document. «Cinq millions d'habitants sont laissés à l'abandon par le gouvernement», a réagi dans un communiqué Marianne Louis, secrétaire nationale à la politique de la ville du Parti socialiste. Selon elle, ce rapport montre «l'absence de réelle mobilisation gouvernementale en faveur de la solidarité urbaine» avec un président de la République qui «se contente de résumer la banlieue à l'insécurité et à la lutte contre l'immigration». La secrétaire d'Etat à la Ville «avait annoncé des choses très fortes et on voit bien que les moyens manquent sur le terrain», a renchéri sur France Info Dominique Voynet, maire écologiste de Montreuil, dans la banlieue parisienne. Hier, lors des questions d'actualité à l'Assemblée nationale, la secrétaire d'Etat, arrivée au gouvernement en 2007, a estimé que le rapport à l'origine des polémiques était loin d'être aussi accablant. «Il y a deux lectures possibles de ce document, l'optimiste et le pessimiste. Le pessimiste consisterait à voir tout en noir, de penser que tout va mal et donc que la politique de la ville ne sert à rien», a-t-elle dit. Selon elle, le rapport «dit que nous sommes dans la bonne direction mais qu'on a besoin d'encore beaucoup plus de moyens et surtout une concentration sur les territoires». (avec Reuters)
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