Édition du Wednesday 1 février 2006


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La Fondation Abbé Pierre dénonce les carences de l'action publique en direction des banlieues

Après la crise des banlieues de l'automne dernier, la Fondation Abbé Pierre dénonce les carences de l'action publique en direction des quartiers défavorisés, notamment le non-respect de la mixité sociale en matière de logement, et parle de «logique ségrégative». «Il faut dénoncer au moins deux idées reçues qui nuisent à la compréhension des enjeux qui traversent ces territoires. Il convient d'abord de revenir sur l'idée selon laquelle on fait beaucoup pour ces territoires et ceux qui y habitent», explique la Fondation dans son rapport annuel 2006 sur l'état du mal-logement, paraissant mercredi. «Il faut ensuite rappeler», selon le rapport, «que la concentration de ménages pauvres et ayant des difficultés sociales dans les quartiers sensibles n'est pas le fruit du hasard et encore moins la volonté de ceux qui y résident, mais bien le résultat des effets de politiques publiques déficientes et insuffisamment constantes, au premier rang desquelles se trouvent la politique du logement et la politique de renouvellement urbain». Pour la seule question des moyens financiers, «les comparaisons montrent très clairement que ces quartiers sont délaissés», explique le délégué général de la Fondation Patrick Doutreligne. «L'écart va de 1 à 5 entre l'argent dépensé pour les centres-villes et pour ces quartiers». La Fondation estime qu'avant «de faire le procès des banlieues, il faudrait auparavant expliciter les facteurs qui ont fait évoluer ces territoires et les peupler comme ils le sont aujourd'hui». La Fondation Abbé Pierre dénonce des «logiques ségrégatives». «Pour le parc social comme pour le parc locatif privé que l'on trouve dans les quartiers en difficulté, les modalités de peuplement ne sont pas indépendantes de la situation du marché du logement dans son ensemble», souligne-t-elle. «Obtenir un logement pour des ménages modestes, et plus encore quand ils sont visiblement d'origine étrangère, est aujourd'hui et depuis de nombreuses années déjà, le résultat d'un vrai parcours du combattant. Ce parcours aboutit bien souvent dans un quartier sensible, contribuant à renforcer sa spécialisation sociale mais aussi à souligner son rôle d'accueil pour ceux qui n'ont pas trouvé d'autres places dans la ville.» Sur cette politique de renouvellement urbain et la place que le logement social devrait avoir, la fondation dénonce les communes riches qui se refusent à construire des logements pour des ménages modestes, malgré la Loi de solidarité et de renouvellement urbain (SRU) qui impose un minimum de 20% de logements sociaux dans les villes de plus de 3.500 habitants. «Sur les 720 communes concernées par le loi SRU promulguée en 2000», dénonce le rapport, «un tiers ont réalisé moins de 50% de leurs objectifs, et près d'une centaine n'ont strictement rien entrepris pour rattraper leur retard».c=http://www.bn
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