Feu vert du Conseil d'État à la poursuite du chantier contesté de l'A69
Par Daniel Martinez (AFP)
Dans un communiqué diffusé lundi, « le Conseil d’État relève que le projet autoroutier A69 répond à quatre objectifs distincts : réduire le temps de trajet entre Castres et Toulouse, améliorer le cadre de vie des riverains, procurer un gain de sécurité routière et contribuer au développement de l’agglomération castraise ».
Pour l’institution, « ni l’aménagement du réseau routier existant ni la mise à deux fois deux voies de l’actuelle route nationale 126 ni l’amélioration de la liaison ferroviaire ne constituent une ‘’solution alternative satisfaisante’’ dès lors qu’aucune de ces options ne permet de répondre de manière aussi efficace que la liaison autoroutière aux quatre objectifs poursuivis ».
En février 2025, le tribunal administratif de Toulouse avait donné suite au recours des opposants et invalidé les autorisations environnementales du chantier de l’A69, estimant que ce nouvel axe routier ne répondait pas à une « raison impérative d’intérêt public majeur » (RIIPM) (lire Maire info du 28 février 2025). La cour administrative d’appel de Toulouse avait annulé cette décision en décembre.
Le Conseil d’État a ensuite été saisi par des associations qui, comme certains scientifiques, dénonçaient les destructions de zones humides, de terres agricoles, d’arbres, d’écosystèmes et de nappes phréatiques liées aux travaux, entrepris en 2023.
Ce segment autoroutier de 53 km est censé raccourcir d’une vingtaine de minutes le trajet entre Toulouse et Castres, qui nécessite aujourd’hui environ 1 h 15 de voiture.
« Déni climatique »
Le collectif d’opposants à l’A69 La Voie est libre a aussitôt regretté, hier, la décision de la plus haute juridiction administrative française : « C’est officiel, dans un monde qui brûle, le déni climatique est décrété par la plus haute sphère du pouvoir juridique », ont-ils fustigé dans un communiqué.
« La semaine où nous ressentons comme jamais les températures létales du mur climatique, le pire signal vient d’être envoyé par le Conseil d’État, incapable d’appliquer le droit face aux pressions du lobby politico-financier de l’A69. Ils valident le parfait emblème de notre fuite en avant », écrit encore ce collectif.
Un point de vue partagé par le groupe parlementaire de LFI qui, dans un communiqué, estime qu’après cette « décision dramatique (...), industriels et autres grands bétonneurs seront encouragés à continuer à sacrifier nos sols et notre eau à leur seul bénéfice ».
En revanche, le président PS du département du Tarn, Christophe Ramond, se réjouit dans un communiqué « de cette issue, attendue par les habitants, les entreprises, les salariés, les collectivités et tous ceux qui, depuis des années, défendent le désenclavement de notre territoire ».
Depuis le début des travaux en mars 2023, des opposants ont occupé des arbres pour éviter leur abattage, tenté d’installer des zones à défendre sur le tracé et organisé des rassemblements de milliers de personnes, parfois émaillés d’incidents violents avec les forces de l’ordre.
Des partisans de l’A69 se sont aussi fait entendre, notamment en manifestant en masse le 8 mars 2025 à Castres avec comme slogan : « A69, on finit ! ». Ils voient dans l’autoroute une solution de désenclavement du bassin de population de Castres-Mazamet, qui compte environ 100 000 habitants.
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